Le lancement et l’élargissement de la couverture du modèle TDS de Robeco dans tous les secteurs ont été un processus laborieux constitué de recherches universitaires et industrielles, d’établissement des données et des références disponibles, de construction de modèles prévisionnels et de collecte des informations nécessaires sur l’entreprise.
« Nous avons commencé par les secteurs à la plus forte intensité de carbone, ce qui inclut le pétrole et le gaz, l’automobile, la production de viande, l’acier, la fabrication de ciment et d’aluminium, l’immobilier et la production d’énergie », explique Farahnaz Pashaei Kamali, Analyste ID dans l’équipe de Recherche en investissement durable de Robeco.
« Pour les références sectorielles, nous sommes partis des scénarios de décarbonation de la TPI [Transition Pathway Initiative], auxquels nous avons appliqué les connaissances acquises grâce aux recherches universitaires pour définir les technologies, les coûts et le budget carbone pour chaque secteur, et pour évaluer dans quels secteurs nous devrions inclure les émissions de Scope 1, 2 et 3. »
« Notre intention en évaluant la performance d’une entreprise par rapport à sa référence sectorielle était d’aller au-delà de la simple utilisation de données rétrospectives, telles que l’empreinte carbone rapportée par une entreprise, et de définir des indicateurs prospectifs en posant la question suivante : quels sont les objectifs et les engagements des entreprises qui s’efforcent de décarboner leurs activités ? »
Dans le deuxième volet de la méthodologie, qui consiste à évaluer la crédibilité de ces objectifs, les analystes en investissement durable évaluent le coût de ces plans. « Cela permet de mettre en perspective les engagements des entreprises », dit-elle. « Une entreprise pourrait communiquer ses engagements en matière de décarbonation au SBTi, qui vérifierait s’ils sont conformes à la trajectoire sectorielle. Mais en tant qu’investisseurs, nous devrions encore déterminer si l’entreprise a la capacité et les moyens d’honorer ces engagements. »
Les mesures réglementaires actuelles et futures représentent un autre élément de coût à estimer. « Nous examinons les politiques et les réglementations applicables à chaque secteur, prenons en compte l’exposition aux différentes taxes et aux systèmes d’échange de quotas d’émission, et estimons leur impact sur les bénéfices futurs des entreprises. Les taxes sur le carbone, par exemple, pèsent déjà lourd dans les charges des entreprises, mais à mesure que la réglementation sur les émissions devient plus stricte, ces coûts pourraient encore augmenter », explique Farahnaz Pashaei Kamali.
Elle prend ici l’exemple de l’industrie du pétrole et du gaz : « Les amendes seront négligeables comparées à la perte de chiffre d’affaires due à la baisse massive de la demande, car les gouvernements focalisent leur attention sur les gros émetteurs pour tenir leurs engagements en matière de neutralité carbone. Un aspect fondamental de la TDS pour le secteur pétrolier et gazier est qu’elle détermine l’impact économique d’une baisse de la demande et d’une dépréciation des immobilisations (par ex. les immobilisations corporelles) sur la valeur future de l’entreprise. »