Intégrer les questions de biodiversité dans les processus d’investissement est le prochain thème du programme de recherche en investissement durable de Robeco. Cela correspond à l’opinion du gérant d’actifs selon laquelle la perte de biodiversité et d’habitats naturels représente un risque systémique et revêt dès lors une grande importance pour les investisseurs.
À cette fin, Robeco élabore un cadre d’investissement en biodiversité qui permettra de relier chaque entreprise aux contributions à la biodiversité dans l’ensemble de ses investissements. L’objectif final est de pouvoir mesurer et orienter les investissements en fonction de leur contribution à la protection de la biodiversité et de la nature.
Comme pour la recherche sur la décarbonation, il s’agit d’une matière très complexe, en partie parce que les implications financières de la perte de biodiversité sont rarement mesurées. De plus, pour obtenir des résultats significatifs pour les portefeuilles, il est essentiel de disposer de données précises et localisées.
« La biodiversité a de nombreuses composantes différentes et il n’est pas possible de se fier à un seul indicateur de mesure comme les émissions de carbone, par exemple. Ce que nous essayons de comprendre dans notre recherche, c’est la manière dont les entreprises contribuent aux facteurs de perte de biodiversité ou les atténuent », explique Lucian Peppelenbos.
Ces facteurs comprennent les changements dans l’utilisation des sols, l’exploitation des ressources naturelles, la pollution et les espèces envahissantes. L’objectif avec cet outil est de générer un score de biodiversité ; ce score indiquerait la contribution positive ou négative de chaque entreprise aux facteurs de perte de biodiversité.
« Pour vraiment comprendre l’impact d’une entreprise sur la biodiversité, nous avons besoin de données de localisation, qui sont bien entendu très spécifiques. Quel est le lien entre les activités d’une entreprise ou sa chaîne d’approvisionnement et des événements tels que la déforestation ou un bassin hydrographique ? »
Selon lui, il faudra de nombreuses années pour mettre en œuvre de nouvelles normes en matière de publication et créer les bases de données nécessaires.
« Nous n’avons pas le temps d’attendre. Nous relevons dès à présent le défi en concevant des indicateurs clés de performance liés aux résultats, qui constitueront un indicateur de l’impact sur la biodiversité. C’est pourquoi nous parlons de la contribution des entreprises à l’arrêt ou à l’inversion de la perte de biodiversité, plutôt que d’essayer de mesurer directement l’impact d’une entreprise sur la biodiversité. Et il est évident qu’au fur et à mesure que les données deviennent disponibles, nous pouvons enrichir nos modèles et ajuster les mesures. »
Une fois que le travail de quantification de l’impact des investissements sur la biodiversité sera bien avancé, l’attention se portera sur l’élaboration d’outils permettant de mesurer la contribution des entreprises aux droits humains.