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Climate investing – Opportunité

Des incendies de forêt à la fonte des glaciers, le réchauffement climatique semble parfois insurmontable. Mais de l’adversité naissent aussi des opportunités. Nous pouvons investir dans les entreprises qui font partie de la solution, qu’il s’agisse d’énergies renouvelables ou de technologies intelligentes.

  • 66%

    des investisseurs dans le monde déclarent qu’ils concentreront leurs processus de décarbonation sur les actions mondiales. Les actions domestiques, la dette d’entreprise et les marchés privés devraient également être concernés par la décarbonation d’ici un ou deux ans.
  • 57%

    des investisseurs estiment que les actifs réels doivent être décarbonés en priorité. Cela fait sens puisque, l’éclairage, le chauffage et la climatisation des bâtiments génèrent des émissions de carbone directes et indirectes.

Dans les deux prochaines années, les actions et les actifs réels seront au centre des programmes de décarbonation

15%
Sovereign bonds
16%
High-yield debt
18%
Emerging market bonds
21%
Hedge
funds
23%
Commodities
36%
Emerging market
equities
39%
Private markets
42%
Corporate debt
51%
Domestic equities
57%
Real assets
66%
Global equities

Source : Decarbonization study 2021

« Il y a aura clairement des gagnants et des perdants, ce qui favorisera la gestion active »

Les gagnants et les perdants de la transition énergétique

Pour une entreprise, mettre la clef sous la porte est l’une des épreuves les plus difficiles à vivre. De même que le transport à cheval a été remplacé par le train, et le film argentique par la photo numérique, les entreprises qui ne prennent pas le réchauffement climatique au sérieux ont peu de chances de survivre.
  • Atteindre l’objectif zéro émissions nettes d’ici 2050 nécessite de décarboner à grande échelle, ce qui passera par le remplacement des centrales à charbon par des fermes éoliennes et l’électrification des véhicules, jusqu’à l’isolation de tous les bâtiments et une agriculture plus efficiente.

    Beaucoup d’entreprises y gagneront, en particulier celles qui proposent des solutions technologiques au réchauffement climatique, dans les secteurs tels que les infrastructures d’énergie renouvelable, les systèmes de captage du carbone et les techniques de recyclage.

  • In fine, cela suppose de passer à une économie circulaire afin de réduire les processus de fabrication qui émettent du carbone.

    Il y a aura aussi des perdants, parmi lesquels les entreprises qui n’adopteront pas assez vite des business models bas carbone dans la décennie à venir. À mesure que la réglementation durcira et que les goûts des consommateurs évolueront en faveur de produits plus écologiques, ces sociétés finiront par être celles qui continuent de vendre des chevaux alors que le chemin de fer est arrivé.

Un maître mot : la décarbonation

  • Distinguer les gagnants des perdants est le travail de tout gérant d’actifs qui prend la performance au sérieux. Une manière de procéder consiste à déterminer comment une entreprise parvient à décarboner son business model, à l’aide d’indicateurs qui mesurent les émissions de gaz à effet de serre, la consommation d’énergie de chauffage et les déchets produits durant le processus de production.

    Par exemple, de nombreux constructeurs automobiles ont d’ores et déjà annoncé leur ambition de proposer une gamme 100 % électrique d’ici 2030, afin de ne pas être pris de court lorsque les gouvernements finiront par interdire les véhicules diesel et essence. Ces constructeurs se démarqueront, tandis que ceux qui continueront de proposer des moteurs à combustion interne dans dix ans seront probablement ignorés des investisseurs.

  • Le cas de l’aviation est différent. Les avions électriques ne sont pas possibles à l’heure actuelle, car une batterie fournissant l’énergie nécessaire au décollage serait trois fois plus lourde qu’un avion de ligne moderne. Aujourd’hui, les constructeurs remplacent les avions quadrimoteurs par des biréacteurs moins gourmands, et nombre d’entre eux ont annoncé qu’ils allaient supprimer de leur flotte les mythiques Boeing 747 « jumbo-jet ».

    Pour l’industrie de l’énergie, c’est également une autre histoire, car le monde continuera de dépendre du pétrole et du gaz pendant de nombreuses années. Cela signifie que les gagnants dans ce secteur seront probablement ceux qui font évoluer leur business model vers l’éolien et le solaire, en prévision de la fin du pétrole et du gaz.

L’investissement climatique n’est pas qu’une simple mode

Lucian Peppelenbos (stratégiste climat) et Carola van Lamoen (responsable de l’investissement durable) examinent le réchauffement climatique et l’investissement climatique sous tous les angles. Écoutez la bande-annonce ou l’intégralité du podcast (25 minutes).

Chine : tracer la voie de la neutralité carbone

L’engagement de la Chine à atteindre la neutralité carbone d’ici 2060 a autant enthousiasmé que questionné les observateurs. Car rendre le premier émetteur mondial de CO2 neutre en carbone dans les 40 prochaines années n’est pas une mince affaire et aura de grandes conséquences. Mais les formidables défis associés à cette transition créent également de nombreuses opportunités d’investissement.

Graphique 1 : augmentation de la part de la Chine dans les émissions de CO2

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Source : AIE. Émissions de CO 2 issues de la combustion de combustibles, en tonnes.
  • La vitesse à laquelle les émissions de CO2 ont repris leur trajectoire à la hausse l’année dernière – et ce malgré les conséquences de la pandémie de Covid-19 – montre qu’une rupture est nécessaire pour placer nos économies sur la bonne voie. Ainsi, alors que l’évolution actuelle des émissions de CO2 n’est pas forcément rassurante, le récent changement de ton aux plus hauts niveaux mérite d’être examiné de près.

    Atteindre zéro émissions nettes de carbone exigera des efforts combinés dans trois directions. Premièrement, une évolution de la composition du produit intérieur brut (PIB) de la Chine, c’est-à-dire que la part des industries très émettrices telles que la production manufacturière et la construction devra être diminuée au profit d’activités moins émettrices comme les services. Précisons toutefois que la désindustrialisation progressive de la Chine a démarré il y a plus de dix ans. 

  • Deuxièmement, une évolution du mix énergétique afin de favoriser les énergies renouvelables. Malgré d’importants investissements réalisés dans des domaines tels que l’énergie hydraulique, éolienne et solaire ces dix dernières années, l’économie de la Chine reste très dépendante des énergies fossiles, et en particulier du charbon, qui est indéniablement la source d’énergie la plus problématique en matière d’émissions de carbone.

    Troisièmement, des plans de compensation carbone, qui joueront également un rôle clé. Car même avec des mesures les plus radicales, la décarbonation totale ne sera pas possible sans mécanismes de compensation. À cet égard, les techniques de captage, stockage et utilisation du carbone (CSUC) devraient devenir un élément essentiel de la boîte à outils du gouvernement, de même que le boisement et le reboisement.

Conséquences par secteur

  • En Chine, environ 90 % des émissions de CO2 proviennent de l’industrie, du transport, et de la production d’électricité et de chaleur.2

  • Logiquement, ces trois secteurs seront les plus affectés par la transition, surtout la production d’électricité et de chaleur, qui représente à elle seule la moitié des émissions totales.

Graphique 2 : historique des émissions de carbone de la Chine

figure2-chinas-historical-carbon-emissions.jpg

Source : AIE. Émissions de CO2 issues de la combustion de combustibles, en tonnes.
  • Et pourtant, il existe aussi d’importantes différences entre les secteurs. Par exemple, les émissions de l’industrie ont déjà atteint leur pic il y a presque dix ans, alors que ce n’est pas encore le cas dans la production d’électricité et de chaleur ou le secteur des transports. Mais des signes indiquent que la tendance est en train de s’inverser. Ainsi, les investissements dans la production d’électricité à partir de charbon ont nettement ralenti ces dernières années.

  • Dans le même temps, rendre le secteur des transports plus durable exigera aussi des changements radicaux (et des investissements importants) : augmentation de l’usage des transports publics et des véhicules électriques, et amélioration de l’efficacité des véhicules classiques.

Saisir les opportunités d’investissement

  • Compte tenu des changements requis dans la plupart des secteurs pour atteindre la neutralité carbone, la principale question pour les investisseurs est d’identifier les grands risques auxquels ils pourraient s’exposer, et de trouver les opportunités les plus intéressantes. Les entreprises les plus concernées sont évidemment les producteurs d’énergies fossiles, et en particulier les majors pétrolières. Leur cœur de métier est totalement incompatible avec la décarbonation.

    Mais nombre d’autres secteurs seront pénalisés par une transition mal gérée, notamment la pétrochimie, l’acier et le ciment. À l’inverse, les entreprises capables de favoriser la transition tireront parti du mouvement de décarbonation. Dans certains cas, les conséquences probables de cette décarbonation sont déjà bien connues, mais dans d’autres, elles restent difficiles à évaluer.

  • Pour le moment, nous décelons des opportunités dans trois grands secteurs : les énergies renouvelables, qui devraient attirer la grande majorité des investissements, les véhicules électriques et, enfin, la rénovation des réseaux électriques et des techniques de stockage d’énergie, ainsi que la filière hydrogène.

    De récentes annonces officielles suggèrent qu’une montée en puissance ambitieuse des énergies propres devrait avoir lieu dans la décennie à venir, et permettre aux énergies non fossiles de représenter 25 % de l’offre d’énergie primaire d’ici 2030, contre un objectif antérieur de 20 %3. Compte tenu de la diminution progressive du potentiel de l’hydroélectricité et du ralentissement de la construction de centrales nucléaires, cet objectif favorise une progression rapide de l’éolien et du solaire.

La Chine est chef de file des VEN

  • Pékin a également annoncé qu’elle souhaite rester un leader des véhicules à énergie nouvelle (VEN), et a récemment approuvé un plan pour ce secteur. Celui-ci prévoit que les VEN représenteront 20 % des ventes totales de véhicules d’ici 2025, contre 5,4 % l’année dernière4. Cet objectif pour 2025 est inférieur à l’objectif précédemment annoncé de 25 %, car il tient compte des difficultés rencontrées en 2019 et 2020.

    Enfin, alors que les renouvelables joueront le rôle le plus important dans la transition vers la neutralité carbone, d’autres technologies de stockage seront également nécessaires pour régler les problèmes de variabilité journalière et saisonnière inhérents à l’énergie éolienne et solaire, et pour décarboner tous les pans de l’économie – y compris les secteurs les plus émetteurs tels que la production d’acier et de ciment.

    En la matière, deux technologies complémentaires (batteries et hydrogène) devraient jouer un rôle essentiel compte tenu de leur capacité à convertir l’électricité en énergie chimique, et vice versa. La Chine est d’ores et déjà le leader mondial de la fabrication de batteries (70 % de la capacité mondiale)5. Malgré le trou d’air de début 2020, la production a rapidement repris.

  • Dans le même temps, les progrès en matière d’hydrogène vont également s’accélérer dans les décennies à venir. La China Hydrogen Alliance, un groupe de professionnels représentant l’ensemble du secteur, estime que l’hydrogène pourrait représenter jusqu’à 10 % du bouquet énergétique total de la Chine en 2050, contre moins de 1 % aujourd’hui6.

    1Source : AIE, sur la base des émissions de CO2 issues de la combustion de combustibles en 2019.
    2Source : AIE, sur la base des émissions de CO2 issues de la combustion de combustibles en 2019.
    3Myllyvirta, L., 15 décembre 2020, « Analysis: China’s new 2030 targets promise more low-carbon power than meets the eye », article de Carbon Brief. 4Yu, C., 4 novembre 2020, « High-quality growth of new energy vehicle sector prioritized », article du China Daily.
    5Gül, T., Fernandez Pales, A. et Paoli L., mai 2020, « Batteries and hydrogen technology: keys for a clean energy future », AIE.
    6China Hydrogen Alliance, 2018, « White Paper on China Hydrogen and Fuel Cell Industry », livre blanc.

Hydrogène : des espoirs et des obstacles différents selon les catégories

L’urgence du réchauffement climatique a ramené l’hydrogène sur le devant de la scène. Les attentes sont grandes, les investissements augmentent et la technologie progresse. Dans cet article, nous examinons de plus près les différentes catégories d’hydrogène ainsi que les espoirs et les obstacles que suscite son potentiel de décarbonation.
  • De grandes attentes

    Après des débuts prometteurs suivis de plus d’un siècle d’immobilisme, l’hydrogène a de nouveau la cote. Il promet en effet de répondre aux besoins énergétiques de l’économie mondiale sans générer plus de pollution.

    Associé à la production d’énergies renouvelables et aux tendances à l’électrification, l’hydrogène propre (vert) fera partie d’une stratégie essentielle pour décarboner les marchés de l’énergie et les secteurs industriels, favoriser la réduction du réchauffement planétaire et lutter contre les dérèglements climatiques.

    Les investissements actuellement entrepris dans les technologies et les infrastructures de l’hydrogène sont indispensables pour accélérer la transition énergétique et atteindre l’objectif zéro carbone d’ici 2050. Des opportunités intéressantes existent dans toute la chaîne d’approvisionnement de l’hydrogène et permettront de réduire les coûts de production, d’augmenter les échelles de production et d’accélérer l’adoption et le déploiement de l’hydrogène dans les secteurs et dans l’ensemble de l’économie.

    Téléchargez l’étude « Hydrogène : entre espoir et effet de mode »
  • Applications dans l’industrie

    Bien qu’il s’agisse toujours d’une niche, la production d’hydrogène devrait augmenter et changer la donne, en particulier en ce qui concerne l’empreinte carbone de nombreuses industries très émettrices (acier, verre, fertilisants, semi-conducteurs, etc.), où l’électrification n’est pas possible. En outre, l’hydrogène étant un vecteur d’énergie, cela signifie qu’il peut stocker et transporter des surplus d’énergie renouvelable qui seront utilisés plus tard sur le réseau électrique ou dans tout autre secteur très consommateur. L’hydrogène peut servir à chauffer les bâtiments (en remplacement du gaz naturel dans les immeubles résidentiels et commerciaux), ou comme substitut aux énergies fossiles utilisées dans la production industrielle de produits chimiques et de biocarburants.

    Dans le secteur du transport, les piles à hydrogène sont considérées comme un moyen efficace de décarboner le fret longue distance, notamment les poids lourds, les trains, les porte-conteneurs et même certains types d’avions.

Les applications de l’hydrogène dans l’économie

Hydrogen applications across the economy

Source : The Fuel Cell and Hydrogen Energy Association (FCHEA), Roadmap to a US Hydrogen Economy (octobre 2020)
  • Accélérer les investissements

    La polyvalence de l’hydrogène explique l’engouement inédit des secteurs privés et publics. Les grandes économies industrialisées comme le Japon, la Corée du Sud, la Chine, l’UE et l’Australie ont présenté des stratégies hydrogène dans le cadre de leurs programmes de décarbonation, tandis que des projets de production à très grande échelle ont été annoncés dans des pays moins industrialisés (Chili et Moyen-Orient, par exemple) qui souhaitent bénéficier de l’avantage du premier entrant.

    Outre les gouvernements, de grandes entreprises mettent aussi de l’argent sur la table et ont lancé plus de 200 projets pilotes couvrant l’ensemble de la filière hydrogène. Au total, 300 milliards de dollars d’investissements privés ont été annoncés d’ici 2030, auxquels il faut ajouter les aides et investissements publics pour encourager le développement de l’hydrogène1. Dans le cadre de son pacte vert pour l’Europe et de ses plans de relance post-Covid, l’UE devrait investir environ 560 milliards de dollars dans la transition vers l’hydrogène d’ici 2050.

    Les fournisseurs d’énergie historiques ne sont pas en reste. Les grands groupes pétroliers anticipent la fin du pétrole en finançant des projets dans l’hydrogène, entre autres. L’Arabie saoudite a récemment fait part de son intention d’investir 5 milliards de dollars dans la construction d’une usine de production d’hydrogène qui sera alimentée par le soleil et les vents disponibles à l’infini dans le désert2. D’autres producteurs de pétrole tels que Royal Dutch Shell, Equinor et PetroChina modifient leurs stratégies et leurs investissements futurs, par anticipation de l’avènement prochain d’une économie basée sur l’hydrogène3 . Cela n’a rien de surprenant puisque le marché mondial pourrait atteindre des milliers de milliards de dollars en 20504 .

  • Les catégories d’hydrogène

    Présent dans l’eau et les énergies fossiles, l’hydrogène est l’élément le plus répandu dans l’univers, donc disponible quasiment à l’infini. Mais cette abondance ne le rend pas plus facile à obtenir.

    Dans la nature, l’hydrogène est généralement associé à un autre composé dont il doit être extrait. S’il est extrait d’un combustible fossile, il s’agit d’hydrogène gris. Ce processus est bon marché et efficient (en partie grâce aux prix historiquement bas du gaz), mais il émet du CO2 comme sous-produit. L’hydrogène gris est de loin la forme d’hydrogène la plus couramment produite actuellement.

    L’hydrogène bleu est produit de la même façon que les variétés grises, mais les émissions de CO2 sont captées et stockées, et donc réduites.

    L’hydrogène vert, en revanche, n’est pas produit à partir d’énergies fossiles et ne génère donc pas de CO2. Il est extrait par électrolyse de l’eau (H2O), c’est-à-dire qu’un courant électrique sépare les molécules d’hydrogène (H2) des molécules d’oxygène (O). Si le courant est d’origine renouvelable (éolien ou solaire par exemple), l’hydrogène ainsi créé est entièrement décarboné.

Les principales catégories d’hydrogène

L’hydrogène (H2) peut être extrait de l’eau (H2O) par électrolyse afin de produire de l’hydrogène vert décarboné. La forme la plus couramment utilisée dans l’industrie est actuellement l’hydrogène gris, produit par extraction de gaz naturels comme le méthane (CH4).

Important hues of hydrogen

Source : Resources for the Future Report, décembre 2020

  • Obstacles

    L’hydrogène vert est un beau concept mais sa production coûte cher. Les volumes n’ont donc jamais été très importants (moins de 4 % de la production totale). Davantage d’énergies renouvelables et d’électrolyseurs sont nécessaires pour augmenter l’offre d’hydrogène vert et faire baisser son prix. Les estimations prudentes suggèrent qu’il faudra encore cinq à dix ans avant que les coûts de l’hydrogène vert atteignent ceux de l’hydrogène gris. Dans certaines régions où les énergies renouvelables sont bon marché, la parité des coûts pourrait cependant être atteinte en seulement deux ou trois ans.

    Ces dernières décennies, les véhicules à pile à combustible ont été généralement présentés comme une alternative plus propre aux énergies fossiles dans le transport de passagers et de marchandises. Au Japon et en Corée du Sud en particulier, le gouvernement et les constructeurs automobiles ont investi dans les infrastructures et la recherche-développement sur les piles à combustible. Mais pour que celles-ci favorisent réellement des modes de transport zéro carbone, l’hydrogène vert doit remplacer l’hydrogène gris dans la fourniture d’électricité et de carburant. Sinon, les émissions produites par les véhicules à hydrogène sur l’ensemble du cycle de vie seront à peine plus faibles que celles des voitures à essence (elles seront peut-être même plus importantes).

    L’hydrogène pose d’autres difficultés. Il est difficile à stocker, à transporter et à distribuer, tant sous forme gazeuse que liquide. Les gazoducs existants pourraient servir, mais d’importants travaux seraient nécessaires pour les adapter aux propriétés uniques de l’hydrogène. La transformation en liquide est une autre possibilité, mais cette procédure aussi est consommatrice, inefficace et coûteuse.

  • Un avenir certain, mais un calendrier incertain

    Les difficultés techniques, les coûts de production élevés et les incertitudes économiques font actuellement obstacle à la fourniture et à l’adoption de l’hydrogène vert. Compte tenu de ces aspects, les calendriers de déploiement restent très différents d’un secteur à l’autre. Pour certaines applications où l’infrastructure existe déjà en partie, l’adoption pourrait s’effectuer en quelques années seulement. Pour d’autres, elle pourrait prendre plus de dix ans.

    Les estimations actuelles reposent sur des hypothèses fixes. Mais comme c’est souvent le cas pour de nombreuses technologies, des innovations peuvent considérablement modifier les variables et les plans de développement. En ce qui concerne l’hydrogène, il s’agit moins d’une question d’innovation technologique que de volonté politique et de dynamique d’investissement. Avec l’augmentation des pressions réglementaires, des aides incitatives et des économies d’échelle, le développement de l’hydrogène et les calendriers prévus vont s’accélérer.

    Une fois que l’innovation et la créativité bénéficieront des bons dispositifs d’incitation, les difficultés seront surmontées et les délais de développement réduits, comme c’est souvent le cas pour de nombreuses technologies.

    1“Hydrogen Insights: a perspective on hydrogen investment, market development, and cost competitiveness.” (February 2021). Hydrogen Council and McKinsey & Company.
    2Ratcliffe. V. “Saudi Arabia’s Bold Plan to Rule the USD 700 billion Hydrogen Market.” Bloomberg News. (7 March 2021).
    3Fickling, D. “Big oil seeks redemption in the hydrogen revolution.” Bloomberg News. (4 December 2020).
    4Goldman Sachs Equity Research Report. ( September 2020). “Green Hydrogen: The next transformational driver of the Utilities industry.”

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Des certificats verts aux obligations climat, nous sommes des pionniers

En période de grands changements, il faut pouvoir compter sur les personnes qui ont non seulement la durabilité à cœur, mais aussi un long historique de performances en la matière.

En tant que pionnier de l’investissement durable, Robeco est à la pointe des solutions de durabilité depuis le milieu des années 1990, époque à laquelle le mouvement écologique a commencé à prendre de l’ampleur. Notre détermination à créer des produits d’investissement capables de changer les choses est aujourd’hui intacte.

Petit retour sur les grandes avancées auxquelles nous avons contribué :

  • 1994 : Robeco lance le premier produit d’investissement durable au monde, baptisé « Groencertificaten » (certificats verts), destiné aux investisseurs particuliers aux Pays-Bas.
  • 1999 : lancement du « DuurzaamAandelen » (actions durables), le premier fonds d’investissement durable dédié en Europe.
  • 2005 : début de nos programmes d’engagement, avec la création d’une équipe d’actionnariat actif ad hoc chargée de voter aux assemblées générales d’actionnaires et de discuter avec les entreprises de l’amélioration de leurs politiques ESG.
  • 2010 : les critères ESG sont systématiquement intégrés dans les décisions d’investissement, et aujourd’hui, nous sommes le seul grand gérant d’actifs au monde à utiliser les principes de durabilité dans l’ensemble de nos stratégies actions fondamentales, obligations et quantitatives.
  • Années 2010 : nous innovons encore avec le lancement de nos stratégies d’impact investing qui ciblent, entre autres, les énergies renouvelables et les Objectifs de développement durable, notamment l’ODD 13 relatif à l’action climatique.
  • 2020 : Robeco lance les premiers fonds mondiaux d’obligations climat, en investissant dans des entreprises qui contribuent directement à la lutte contre le réchauffement climatique. Le fonds Climate Global Credits investit dans les obligations d’entreprise, tandis que le Climate Global Bonds cible aussi bien les crédits que les obligations d’État.

Toutes ces évolutions s’appuient sur des politiques rigoureuses basées sur notre volonté de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. Parallèlement au lancement de ses fonds climat, Robeco s’est également engagé à atteindre la neutralité carbone dans tous ses actifs sous gestion d’ici à 2050.

À l’avenir, nous allons continuer d’innover, en particulier dans les domaines liés au réchauffement climatique, aux obligations vertes et aux ODD.

En raison précisément de ces problèmes de stockage et de transport, la plupart des fournisseurs d’énergie et des industries utilisent les pipelines de gaz naturel existants pour transporter les gaz nécessaires à la production d’hydrogène gris vers les installations fixes sur site. Source du graphique : Inside EVs, https://insideevs.com/news/326333/hydrogen-versus-electric-cars-video

Obligataire climat
Obligataire climat

Investir dans l’obligataire pour maintenir la hausse de la température mondiale en dessous de 2 °C.

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Série vidéos : faites la connaissance de nos experts en investissement durable

Comment la réglementation favorise-t-elle l’investissement durable

Les activités d’investissement ont toujours fait l’objet de réglementations, afin de protéger les investisseurs finaux et de maintenir des normes dans une industrie pesant des milliards de milliards de dollars. La nouveauté, c’est que l’engagement en faveur de l’investissement durable s’est nettement accru, impulsé par les grandes évolutions réglementaires dans l’Union européenne.
  • Trois grands objectifs

    Le plan d’action fixe trois grands objectifs. Premièrement, délaisser les secteurs qui contribuent au réchauffement climatique, tels que les énergies fossiles, afin de réorienter les flux de capitaux vers l’investissement durable. Deuxièmement, généraliser la durabilité dans la gestion des risques. Et troisièmement, encourager la transparence et la vision à long terme dans l’activité économique et financière.

    Le règlement Disclosure cherche à rendre le profil de durabilité des fonds plus facile à comparer et à comprendre pour les investisseurs finaux, à l’aide d’indicateurs prédéfinis pour évaluer les caractéristiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) utilisées dans le processus d’investissement. Comme le suggère son nom, un accent bien plus important sera placé sur la publication d’informations, avec notamment de nouvelles règles pour identifier tout préjudice causé par les sociétés investies.

    Robeco a mis en place une équipe de projet ad hoc composée de plus de 40 personnes chargées d’intégrer tous les aspects du plan d’action, une procédure qui s’effectuera en plusieurs phases. La première échéance importante du 10 mars 2021 concernant la catégorisation des fonds et la publication requise d'informations dans les prospectus des fonds et sur les sites web a été respectée sans aucun problème.

  • Des accords historiques

    Le plan d’action a été proposé par la Commission européenne en mars 2018, suite à la signature historique de l’Accord de Paris en décembre 2015, et du Programme de développement durable à l’horizon 2030 (en 2015 également), qui a donné naissance aux Objectifs de développement durable des Nations Unies. Il est également aligné sur le pacte vert pour l’Europe, qui vise à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

    Le champ d’application de cette réglementation est très large et concerne les gérants d’actifs, les fonds de pension et les banques et compagnies d’assurances européennes, entre autres. Un aspect essentiel et très visible de ce nouveau règlement concerne la classification des fonds et des mandats en trois catégories, définies aux articles 6, 8 et 9.

Niveaux de durabilité des fonds

  • Les fonds relevant de l’article 6 n’intègrent aucune forme de durabilité dans leur processus d’investissement.
  • L’article 8 s’applique « lorsqu’un produit financier promeut, entre autres caractéristiques, des caractéristiques environnementales ou sociales, ou une combinaison de ces caractéristiques, pour autant que les sociétés dans lesquelles les investissements sont réalisés appliquent des pratiques de bonne gouvernance ».
  • L’article 9 regroupe les produits ciblant des investissements durables sur mesure et s’applique « lorsqu’un produit financier a pour objectif l’investissement durable et qu’un indice a été désigné comme indice de référence ».

Environ 95 % des fonds de Robeco sont classés comme des fonds « Article 8 » (83 %) ou « Article 9 » (12 %) et seuls 5 % sont des fonds « Article 6 ». Les fonds « Article 8 » englobent l'ensemble des stratégies Sustainability Inside et Sustainability Focused. Les fonds « Article 9 » font partie de l'offre Impact Investing et sont des fonds RobecoSAM. Seul un petit nombre de fonds comme ceux utilisant des dérivés ou des comptes au comptant n'intègre pas les critères ESG.

Source: Robeco, March 2021

  • Hiérarchiser les incidences négatives

    Les gérants d’actifs seront également tenus d’effectuer des « déclarations relatives aux incidences négatives » pour décrire comment ils tiennent compte des principaux impacts des entreprises investies lorsqu’ils prennent leurs décisions d’investissement. Ils devront également présenter les actions qu’ils entreprennent pour réduire ces incidences négatives.

    Cette procédure sera réalisée à l’aide de 64 indicateurs d’incidence négative, dont 18 obligatoires et 46 facultatifs. Les détails des exigences n’ont été publiés que récemment, mais Robeco a tout entrepris pour se tenir prêt, par exemple en créant un outil prototype d’incidence négative pour évaluer les conséquences de la réglementation.

  • Taxonomie européenne

    Autre élément central du plan d’action de l’Union européenne, le règlement Taxonomie vise à créer une compréhension harmonisée de ce que sont réellement les « activités durables ». L’UE a établi des critères minimaux que les activités économiques doivent respecter pour être considérées comme environnementalement durables.

    Pour résumer, ces activités doivent contribuer de manière significative à un ou plusieurs des six objectifs environnementaux suivants : atténuation du réchauffement, adaptation au changement climatique, protection des ressources aquatiques et marines, transition vers une économie circulaire, prévention de la pollution, protection et restauration de la biodiversité et des écosystèmes.

« Beaucoup de solutions innovantes occuperont bientôt le premier plan »

Gilbert Van Hassel - CEO

Fournisseurs d’énergie européens : un exemple d’opportunité d’investissement dans la lutte contre le réchauffement climatique

Le secteur européen des « utilities » a la possibilité inédite de lutter contre le réchauffement climatique et de continuer à mener la transition énergétique mondiale. Et ce secteur affiche une bonne qualité de crédit, affirme Ihor Okhrimenko, analyste crédit senior.
  • Le secteur des « utilities » est en pole position pour relever le défi mondial de fournir une énergie fiable, bas carbone et bon marché à une population croissante, tout en décarbonant ses capacités de production pour lutter contre le réchauffement climatique. Il est également bien placé pour tirer parti de l’évolution des technologies renouvelables et de la baisse rapide, ces dernières années, du coût actualisé de l’énergie dans le solaire et l’éolien. En 2019, les importants flux de capitaux financiers, les politiques progressistes et les avancées technologiques ont permis d’effectuer des progrès sur le plan environnemental, en particulier en Europe . Aux quatre coins de la planète, il reste cependant beaucoup à faire pour combattre le réchauffement climatique.

    L’adoption du pacte vert pour l’Europe (en 2019) et du plan cible en matière de climat à l’horizon 2030 (en 2020) constitue une étape majeure dans les objectifs climatiques de l’Union européenne. La crise du Covid-19 accélère même ce mouvement, puisque les efforts de décarbonation soutiendront la reprise économique. D’ici à l’été 2021, la Commission européenne doit réviser l’ensemble de la législation climatique et énergétique de l’UE afin de se conformer au nouveau plan.

  • Sur la base d’une étude de 424 entreprises européennes issues de onze secteurs, Robeco analyse que le secteur européen des « utilities » représente 32 % des émissions industrielles de catégorie 1, ce qui en fait le deuxième plus grand émetteur (en émissions par rapport au capital). Il émet en effet 1 kg de gaz à effet de serre pour chaque euro de chiffre d’affaires et pour 1,60 euro de valeur d’entreprise. Les fournisseurs d’énergie européens peuvent-ils contribuer à la réduction des émissions, à l’augmentation des revenus et de la rentabilité, et à l’amélioration des valorisations dans la décennie à venir, tout en continuant de mener la transition énergétique mondiale et sans céder de terrain aux Big Oil ?

    Suite aux politiques adoptées à la mi-2020, l’Agence internationale de l’énergie estime que l’UE-27 devrait voir ses émissions réduire de 30 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990, et sa contribution mondiale diminuer de plus de la moitié pour atteindre 5,7 %. L’objectif de décarbonation récemment annoncé par l’UE est ambitieux et vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici 2030 et à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Il s’agit d’un changement important par rapport à l’objectif précédent (d’« au moins 40 % »).

  • Une trajectoire de décarbonation qui s’annonce difficile

    Pour atteindre cet objectif, l’UE utilisera divers moyens : augmenter la production d’énergies renouvelables, promouvoir l’efficacité énergétique ou encore soutenir et étendre la tarification du carbone. Cette nouvelle proposition est conforme à l’accord de Paris, dont l’objectif est de maintenir l’augmentation de la température mondiale en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels. La trajectoire de décarbonation sera nettement plus difficile pour le segment de l’électricité, principalement représenté par les fournisseurs de services aux collectivités.

  • Trajectoire de réduction des émissions dans les secteurs

    La décarbonation sera la plus difficile pour les fournisseurs d’électricité entre 2020 et 2030 (1990 = 100)

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    Source : Commission européenne, « Accroître les ambitions de l’Europe en matière de climat pour 2030 », septembre 2020 ; annotations de Robeco.

Crédits dans le secteur énergétique : nos critères de sélection

  • Nous sommes optimistes à l’égard des sociétés qui améliorent la qualité de leurs actifs et réduisent leur structure de coût, tout en cherchant activement et efficacement à se diversifier, c’est-à-dire non seulement à délaisser la production d’électricité d’origine fossile et nucléaire au profit de sources renouvelables (éolien et solaire), mais aussi à investir dans les réseaux et les politiques d’efficacité énergétique du côté de l’offre, à publier un bilan de leurs émissions de catégories 1, 2 et 3 ainsi que des objectifs de réduction crédibles, et à se diversifier géographiquement vers les marchés émergents.

    La qualité de crédit du secteur nous satisfait. Les grands fournisseurs d’énergie ont augmenté leurs programmes d’investissements afin de donner la priorité aux renouvelables et aux réseaux, car les prévisions en matière de levier (dette nette/EBITDA) sont jugées gérables.

  • Concernant plus spécifiquement les contributions aux ODD, nous privilégions les émetteurs dont les activités contribuent positivement à l’ODD 7 (énergie propre et d’un coût abordable) et l’ODD 13 (action climatique), en basant notre sélection sur certains ICP positifs et négatifs : ratio renouvelable/fossile dans le mix énergétique, ventes aux marchés émergents, plans de développement dans le nucléaire/charbon et intensité carbone des opérations. Nous sommes convaincus que les sociétés qui présentent ces caractéristiques positives enregistreront des performances financières plus fiables et plus stables à long terme.

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