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Cette fois-ci, les banques font partie de la solution

Cette fois-ci, les banques font partie de la solution

22-04-2020 | Vision

Contrairement à ce que nous avions connu lors de la crise financière mondiale, le contexte et la santé du système bancaire sont cette fois-ci bien différents. Sous condition de rester sélectif, les obligations financières offrent aujourd’hui des opportunités.

  • Jan Willem Knoll
    Jan Willem
    Knoll
    Credit Analyst
  • Jan Willem de Moor
    Jan Willem
    de Moor
    Senior Portfolio Manager Credit

Points clés

  • Le soutien des banques est nécessaire à la reprise
  • Les régulateurs ont agi rapidement et efficacement pour limiter la crise 
  • Les valorisations des crédits, y compris financiers, sont aujourd’hui extrêmement faibles

L’économie mondiale s’est brutalement figée, provoquant des problèmes de liquidités majeurs. Régulateurs, autorités monétaires et pouvoirs publics ont agi de façon beaucoup plus rapide et efficace ces dernières semaines que lors de la crise financière mondiale. Et, cette fois-ci, les banques ne sont pas à l’origine des turbulences. Nous pensons même qu’elles font partie de la solution. A condition de rester sélectif, les obligations financières offrent aujourd’hui des opportunités.

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Ceci n’est pas une crise bancaire

Contrairement à ce qui s’était produit lors de la crise financière mondiale, le contexte et la santé du système bancaire sont à présent bien différents. Les banques détiennent beaucoup plus de capitaux propres, sont mieux financées et disposent de davantage de liquidités. Du point de vue macroéconomique, la réponse politique s’est globalement révélée positive pour les marchés financiers. Régulateurs, autorités monétaires et pouvoirs publics ont agi de façon rapide et efficace, faisant preuve d’une bienveillance inhabituelle. En Europe, la BCE a apporté un soutien décisif aux banques (par le biais des LTRO), à la dette souveraine des pays périphériques (via le programme PEPP) et aux obligations d’entreprise (au moyen du CSPP). Les autorités budgétaires ont, de leur côté, dévoilé des plans de soutien importants en faveur des grandes entreprises et des PME, celui de l’Allemagne représentant par exemple 20% du PIB. 

Cette fois-ci, les banques ne sont pas considérées comme l’épicentre du séisme. C’est même à elles qu’échoit un rôle déterminant : acheminer les liquidités vers l’économie réelle. Dirigeants politiques et régulateurs se montrent beaucoup plus positifs vis-à-vis du secteur. Compte tenu des exigences qui ont été imposées aux banques depuis la crise financière, nous pensons qu’il est tout à fait possible aujourd’hui d’alléger un peu la pression. 

Nous avons d’ailleurs déjà constaté plusieurs exemples de « mesures de tolérance » en leur faveur. La BCE et les régulateurs nationaux ont abaissé les contraintes capitalistiques en modifiant les coussins de fonds propres. L’institution de Francfort a également annoncé qu’elle autoriserait les banques à fonctionner temporairement en deçà des exigences minimales, un signe encourageant qui montre qu’un renflouement n’est pas à l’ordre du jour. De toute façon, nous estimons qu’un sauvetage des banques ne servirait pas à améliorer la situation actuelle. 

Aider les banques à aider l’économie

Parmi les autres mesures de tolérance figurent des dispositions liées aux provisions pour prêts non performants (date et comptabilisation). Elles contribueront à lisser ces prêts et les provisions sur une période plus longue et, surtout, à permettre aux banques de ne pas condamner à la faillite des entreprises de qualité dont l’activité a brutalement chuté. En bref, les banques ont obtenu la flexibilité réglementaire dont elles avaient besoin pour faire partie de la solution.

Malgré ce relatif optimisme dans un contexte tourmenté, des inquiétudes demeurent. À long terme, c’est-à-dire au-delà de la crise actuelle, les liens étroits qui unissent États et banques semblent une fois encore se renforcer. Le coût de l’extraordinaire soutien apporté aujourd’hui se traduira sûrement, demain, par des prêts plus dirigés ou un accroissement des obligations souveraines détenues, par exemple. Il existe aussi un risque que les mesures actuelles finissent par créer un environnement potentiellement préjudiciable aux banques, notamment si les taux d’intérêt restent bas. Les décisions prises à l’heure actuelle pourraient donc, à plus longue échéance, plomber le rendement des fonds propres du secteur. Cela serait, toutefois, is plus inquiétant pour le marché actions que pour le marché du crédit.

Les banques peuvent-elles résister au ralentissement ?

Même si les fondamentaux sont plutôt rassurants, la vitesse à laquelle le contexte a changé dans le secteur financier fait naître des questions cruciales. Par exemple, quels sont les risques d’annulation des coupons des obligations AT1 (obligations convertibles contingentes, aussi appelées CoCo) ? Les émetteurs rembourseront-ils leurs titres par anticipation ?

L’équipe Macro de Robeco envisage, dans le scénario de base de ses prévisions 2020 pour l’économie européenne, une contraction de 5% du PIB réel, donc un ralentissement de grande ampleur. En outre, il faut aussi intégrer les conséquences de l’effondrement des cours du pétrole. L’effet combiné du coronavirus et du choc pétrolier se fera d’abord et surtout sentir au niveau des pertes de crédit, les secteurs les plus vulnérables étant le pétrole et le gaz, les métaux et les mines, le transport et la logistique, et l’hôtellerie. Les portefeuilles des banques européennes sont, en moyenne, exposés à hauteur d’environ 5% à ces secteurs.

Dans un second temps, le ralentissement pèsera sur les produits nets bancaires, essentiellement sous l’effet de la baisse des taux d’intérêt. Selon nous, les marges d’intérêt nettes des banques devraient reculer pendant une période prolongée. La croissance des prêts et les commissions seront également pénalisées par le recul de l’activité économique. 

Dans le cas du risque bancaire européen en particulier, l’équipe d’analystes crédit de Robeco évalue la capacité d’absorption des pertes des banques par des tests de résistance. Autrement dit, elle observe ce qui se produit si les bilans des banques sont soumis à des tensions extrêmes. L’objectif est de définir un point mort pour le coût du risque et de le comparer à des scénarios de pertes sur prêts de type Grande dépression. Leur conclusion : dans un contexte aussi difficile, les banques consomment rapidement leurs premières cartouches, c’est-à-dire leurs bénéfices avant provisions, ce qui signifie qu’elles se trouvent aujourd’hui autour de ces points morts et qu’il leur faudra annuler les dividendes.

Pour les détenteurs d’obligations, l’important est que les banques ne se rapprochent pas de leurs « Maximum Distributable Amount » (MDA). Il s’agit du niveau à partir duquel les régulateurs limitent notamment le versement de dividendes. Le mécanisme du MDA se déclenche si les fonds propres d’une banque passent en dessous de la somme des piliers 1 et 2 et des autres coussins. 

Par conséquent, dans la situation actuelle, les banques peuvent continuer de payer les coupons des obligations AT1. Cette analyse a été réalisée pour la plupart des banques européennes, et toutes montrent un degré de résilience comparable.

En outre, la pression politique pousse les régulateurs à se concentrer sur le paiement des dividendes et des bonus, et non sur l’annulation des coupons des titres AT1, ces derniers étant relativement insignifiants pour les résultats des banques. Les coupons AT1 n’étant pas dans l’œil des politiciens, ils ne devraient pas attirer l’attention des régulateurs.

Le secteur financier source d’opportunités

En mars, les marchés du crédit ont réagi de manière inédite et intègrent actuellement une récession sévère. L’évolution des prix a été amplifiée par le manque de liquidités au niveau mondial. La rapidité de la correction a été sans précédent et les spreads s’établissent désormais à des niveaux rarement observés. Cette situation crée des opportunités intéressantes à tous les niveaux de la structure capitalistique du secteur bancaire, mais il faut faire preuve de sélectivité. Même si nous n’anticipons pas de renflouement interne généralisé des établissements financiers, certains pourraient avoir besoin d’aide. Pour saisir les opportunités exceptionnelles qui émergent au sein du secteur bancaire, la capacité à sélectionner les émetteurs sera donc déterminante.

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