Vision

Le Danemark continue de dominer les classements ESG des pays

Dans cette mise à jour, il apparaît que les émissions, les énergies renouvelables et la gestion de l’eau ont joué un rôle déterminant, tant pour les entreprises du haut comme du bas du tableau. En outre, les études de cas par pays montrent qu’un faible niveau de « G » tend à renforcer les faiblesses en matière de « S » et de « E ». Enfin, les cyberattaques sont susceptibles d’entraîner des dommages économiques et sociaux durables, constituant ainsi un risque majeur pour la dette souveraine.

Auteurs

    Impact Specialist
    ESG Analyst and Impact Specialist

Résumé

  1. Les politiques environnementales pèsent sur les leaders ESG
  2. Les cas nationaux montrent qu’une mauvaise gouvernance nui à la performance ESG
  3. Il existe désormais un moyen de mesurer la résilience d’un pays face aux cybermenaces

Un coup d’œil sur le classement

Le Danemark maintient sa position de leader en matière d’ESG, en se plaçant en tête des classements ESG par pays de Robeco (cliquez sur le lien pour consulter le classement complet) pour la quatrième fois consécutive en deux ans. Comme par le passé, les pays scandinaves affichent les meilleures performances et, avec la Suisse, occupent les cinq premières places du classement.

Les performances ESG des entreprises figurant dans le classement n’ont toutefois pas été extraordinaires, la plupart d’entre elles ayant vu leur score environnemental diminuer. Le Danemark et la Suède ont connu un ralentissement de l’adoption des énergies renouvelables en tant que part de leur bouquet énergétique global. La Norvège a perdu du terrain dans la gestion du stress hydrique et des risques climatiques. La Finlande, deuxième du classement, est le seul pays dont les scores environnementaux ont légèrement augmenté, grâce à des ajouts de sources renouvelables plus importants et à une meilleure utilisation de l’eau.

Graphique 1 - Leaders en matière de score ESG des pays

Source : Robeco, avril 2026.

Les principaux émetteurs publics affichent des résultats mitigés (et surprenants)

Les scores des plus grands émetteurs de dette souveraine au monde continuent de diverger. Le score ESG du Japon (7,46 sur 9,0) a légèrement baissé, tandis que celui des États-Unis (6,61 sur 9,0) est resté pratiquement stable. Pour le Japon, ce sont les réductions des critères climatiques et énergétiques qui sont en cause.

Paradoxalement, aux États-Unis, les moins bonnes notes en matière de gouvernance (dues à une corruption plus élevée et à des institutions plus faibles) ont été compensées par les meilleures notes obtenues en matière d’environnement grâce aux droits de douane imposés le Jour de la libération, qui ont permis de réduire les émissions de CO2 liées à la production de biens importés.

Le score ESG de la Chine s’est légèrement amélioré grâce aux efforts visant à préserver les espèces menacées, un indicateur de la santé de la biodiversité.

Les scores à l’échelle mondiale

Plusieurs marchés émergents ont enregistré une progression notable dans le classement. Singapour a enregistré la plus forte augmentation en valeur absolue grâce à de meilleures pratiques de gestion de l’eau (voir Graphique 2). À l’inverse, des scores environnementaux plus faibles ont pénalisé les pays ayant enregistré les plus fortes baisses, notamment le Botswana, le Qatar, le Mali, la Turquie et Hong Kong.

Graphique 2 - Les cinq premiers pays ayant enregistré les gains et les pertes les plus importants

Source : Robeco, scores ESG des pays, avril 2026.

Limiter l’influence de Viktor Orbán

Pendant près de deux décennies, Viktor Orban et son parti Fidesz ont dominé la scène politique hongroise. Autrefois perçu comme un combattant de la liberté, défendant les idées occidentales, son style est devenu de plus en plus autoritaire, antidémocratique et corrompu au fil des ans. Son emprise sur le pouvoir a pris fin brutalement au début de l’année 2026, lorsqu’il a été écarté de ses fonctions de manière spectaculaire par la coalition Tisza de Péter Magyar.

Toutefois, les réformes envisagées pourraient ne pas se matérialiser aussi rapidement que sa chute, dans la mesure où les alliés d’Orbán continuent d’occuper des postes clés au sein des tribunaux, des médias et du secteur bancaire, souvent à la suite de nominations anciennes. Les citoyens se sont exprimés et un mandat clair a été délivré. Avec Viktor Orbán écarté du pouvoir, les progrès peuvent être lents, mais les évolutions s’inscrivent désormais dans une dynamique positive.

Graphique 3 – L’héritage ESG de Viktor Orban

Scores de la Hongrie en matière d’institutions, de corruption et de liberté individuelle 2000-2026. Hongrie (bleu) vs. pairs de l’UE (gris)
Source : Robeco, avril 2026

Pérou : une chute périlleuse

Le Pérou, qui était autrefois un acteur stable en matière d’ESG dans la région LatAm, a perdu du terrain ces derniers temps. Le score social du pays a été pénalisé par une contestation généralisée, dans un contexte de crise chronique du leadership. Le pays a connu une succession de présidents, de nombreux remaniements ministériels et des tensions persistantes entre les différentes branches du gouvernement. Les scandales de corruption des élites politiques et des juges ont nourri la méfiance.

Le chaos met en évidence des tensions sociétales profondes liées aux inégalités, aux exclusions et à l’accès aux services de base. Les progrès dans la lutte contre la pauvreté stagnent, le travail informel reste largement répandu et la faiblesse des services publics, en particulier dans la santé et l’éducation, freine le développement du capital humain.

Par ailleurs, l’environnement naturel est lui aussi confronté à des difficultés. Le Pérou est exposé à des risques climatiques physiques, notamment des inondations, des sécheresses et des phénomènes liés à El Niño, qui menacent la production agricole et les infrastructures. Les faiblesses de la gouvernance se sont traduites par une application insuffisante des normes de protection de l’environnement, notamment en matière d’exploitation minière illégale, de déforestation et de pollution de l’eau. Il s’agit d’un exemple clair de la manière dont une gouvernance défaillante au sommet peut exacerber les problèmes sociaux et environnementaux sur le terrain (voir Graphique 4). Malheureusement, en l’absence d’un soutien rapide, les performances ESG du Pérou risquent de continuer à se dégrader.

Graphique 4 – Un pays qui a besoin de plus de force « G »

Scores de gouvernance, sociaux et environnementaux du Pérou, 2000-2026. Pérou (bleu) vs. ses pairs d’Amérique latine (gris).
Source : Robeco, avril 2026

Investissement thématique – Cybersécurité

La cybersécurité est devenue une composante de plus en plus importante du risque ESG souverain, reflétant la dépendance croissante des gouvernements et des économies à l’égard de l’infrastructure numérique. Les cyberattaques à grande échelle ont engendré des pertes de plusieurs milliards de dollars à l’échelle mondiale, les gouvernements supportant souvent des coûts budgétaires indirects liés aux dépenses d’intervention d’urgence, à la reconstruction des systèmes, aux contentieux et aux pertes de productivité.

La cyberattaque « NotPetya » de 2017 contre des systèmes des secteurs public et privé en Ukraine est largement considérée comme l’une des plus destructrices, avec des dommages globaux estimés à plus de 10 milliards de dollars. Par ailleurs, l’attaque par rançongiciel « WannaCry » au Royaume-Uni a mis en évidence le caractère systémique de ces menaces, y compris pour la santé publique : elle a affecté les systèmes informatiques du National Health Service (NHS), entraînant l’annulation de procédures médicales et des perturbations des services d’urgence.

Le cadre ESG national intègre désormais la cybersécurité comme facteur de performance, en s’appuyant notamment sur les données de l’indice mondial de cybersécurité (GCI) élaboré par l’Union internationale des télécommunications (UIT), qui supervise les normes mondiales en matière de réseaux numériques.

Graphique 5 – Carte mondiale de l’Indice mondial de cybersécurité

Les scores les plus bas (gradients roses) traduisent une plus grande vulnérabilité des pays et un moindre niveau de préparation aux cyberrisques.
Source : Indice mondial de cybersécurité, Union internationale des télécommunications, avril 2026.

Il est à noter que la cybersécurité n’est pas directement liée à un PIB élevé. Les pays avancés comme émergents affichent de bonnes performances, de la Finlande et de l’Italie jusqu’à l’Égypte et l’Indonésie. Malgré la diversité de leurs économies et de leurs cultures, ces pays ont en commun l’adoption d’une approche pangouvernementale, fondée sur des agences spécialisées en cybersécurité, des cadres juridiques solides, l’obligation de déclaration des incidents et une forte coopération internationale.

Il est préoccupant de constater que de nombreux pays du bas du tableau ont rapidement développé leurs services numériques sans investir de manière proportionnée dans la gouvernance de la cybersécurité, ce qui les expose fortement à des risques.


Bénéficiez de nos derniers points de vue

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir des mises à jour sur les investissements et des analyses d'experts.

Ne manquez pas cette occasion