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La pénurie d’eau présente des risques financiers importants pour l’industrie chimique mondiale, qui est responsable d’environ 5 à 10 % des prélèvements d’eau douce dans le monde. Bien que fortement dépendantes de l’eau pour le refroidissement, la production de vapeur et les procédés industriels, la plupart des entreprises chimiques ne se sont pas fixées d’objectifs mesurables et limités dans le temps pour réduire leurs prélèvements. Alors que le stress hydrique s’intensifie à l’échelle mondiale, sous l’effet du changement climatique, du durcissement de la réglementation et de la concurrence croissante pour des ressources limitées en eau douce, ces lacunes engendrent des risques opérationnels et de valorisation significatifs.
L’analyse suivante du risque lié à l’eau est le fruit d’une collaboration entre les équipes Alpha durable et Actions fondamentales de Robeco. Elle modélise un choc d’approvisionnement en eau de 10 % en 2030 pour quatre entreprises de chimie d’envergure mondiale.
Les résultats mettent en évidence un paradoxe majeur : les entreprises les plus résilientes sur le plan opérationnel sont souvent celles qui détruisent le plus la valeur actionnariale, en raison de marges étroites, de structures de coûts fixes élevés et d’un levier opérationnel négatif. Chez ces quatre entreprises, même de faibles pertes de production entraînent des chutes significatives et disproportionnées de l’EBITDA, de la valeur d’entreprise et de la VAN des fonds propres.
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De plus, ces résultats montrent que les données ESG classiques ne reflètent souvent ni l’ampleur réelle, ni l’importance financière de la pénurie d’eau. Cette analyse souligne la nécessité de mener des recherches plus systématiques et plus granulaires sur les risques liés à l’eau, non seulement pour les entreprises de chimie, mais aussi pour toute entreprise opérant dans des régions en proie à un stress hydrique ou fortement tributaire de l’accès à l’eau douce.
Nous espérons que cette analyse contribuera à l’établissement d’un cadre plus solide et prospectif de gestion des risques liés à l’eau pour les équipes d’investissement – un cadre qui encourage les investisseurs à intégrer des scénarios de stress hydrique dans leurs valorisations fondamentales, à engager un dialogue avec les entreprises sur des objectifs de prélèvements absolus, et à privilégier celles qui intègrent la disponibilité de l’eau dans leurs décisions d’allocation de capital à long terme.