belgiumfr
Les médias n’influencent pas l’effet volatilité sur les actions

Les médias n’influencent pas l’effet volatilité sur les actions

28-06-2019 | Vision
L’appétit des investisseurs pour les actions fréquemment mentionnées dans les médias est souvent mis en avant pour expliquer l’effet volatilité. Mais notre analyse empirique montre que cette théorie ne tient pas.
  • David Blitz
    David
    Blitz
    Head of Quant Research
  • Pim  van Vliet, PhD
    Pim
    van Vliet, PhD
    Head of Conservative Equities
  • Laurens Swinkels
    Laurens
    Swinkels
    Researcher
  • Rob Huisman
    Rob
    Huisman
    Researcher

Points clés

  • Nous avons cherché à déterminer si une forte médiatisation peut expliquer l’effet volatilité
  • Nous avons découvert que cet effet existe quelle que soit la couverture médiatique
  • Les valeurs très médiatisées ne voient pas leurs perspectives de performances baisser

L’une des principales hypothèses du Modèle d’évaluation des actifs financiers (MEDAF) est que les investisseurs peuvent toujours accéder à des informations complètes et qu’ils traitent celles-ci de manière rationnelle. En réalité, ils ne disposent que d’informations limitées. Au lieu de se renseigner sur toutes les entreprises possibles, ils se contentent souvent d’acheter les actions des entreprises qui attirent leur attention.

Dans un article1 publié en 2008, Brad Barber et Terrance Odean ont développé le concept d’un « effet de médiatisation ». Ils ont trouvé des données empiriques prouvant que les investisseurs sont plus susceptibles d’acheter des valeurs dont on parle dans les médias. Dans un article plus ancien2 (1996), Eric Falkenstein avait découvert que les fonds communs de placement préfèrent détenir les titres des entreprises ayant souvent fait parler d’elles durant l’année écoulée.

Tester l’effet de médiatisation sur le cours des actions

Ce comportement, à la fois des investisseurs individuels et des gérants de fonds, suggère que le cours des actions médiatisées a tendance à être temporairement exagéré, ce qui se traduit ensuite par des performances inférieures aux attentes. Inversement, les valeurs moins médiatisées risquent davantage d’être sous-valorisées, ce qui aboutit par la suite à des performances supérieures aux attentes.

L’effet de médiatisation peut-il expliquer la faible volatilité ?

On pourrait facilement en conclure que les actions plus volatiles et plus souvent médiatisées qui attirent l’attention des investisseurs présentent des perspectives de performances inférieures à celles du marché dans son ensemble. Et que, par conséquent, l’anomalie de faible volatilité peut – du moins en partie – s’expliquer par l’effet de médiatisation3. Mais est-ce bien le cas ?

Pour répondre à cette question, nous avons testé deux hypothèses en utilisant les données relatives aux 3 000 actions les plus importantes sur les marchés développés entre janvier 2001 et décembre 2018. Nous avons d’abord examiné si l’effet volatilité se retrouve dans les actions qui sont fréquemment mentionnées dans les médias. Nous avons ensuite déterminé si les faibles performances des actions très volatiles étaient dues à la médiatisation de ces titres.

Deux hypothèses rejetées

D’après nos calculs, la médiatisation a en effet tendance à être plus importante pour les actions les plus volatiles, et elle est plus importante pour les groupes d’actions plus fréquemment cités dans les médias. Autrement dit, les actions « tendance » sont souvent les plus volatiles, tandis que les actions délaissées par les médias le sont moins.

Cependant, nous avons trouvé des preuves claires de l’effet volatilité, même parmi les actions les plus médiatisées. En outre, les performances les plus négatives dans le groupe des actions les plus volatiles ont tendance à être générées par les titres les moins médiatisés, et non par les plus médiatisés. En conséquence, nous rejetons les deux hypothèses testées et concluons que l’anomalie de volatilité ne peut s’expliquer par l’effet médiatique.

1Barber, B.M. and Odean, T., (2008) ‘All that glitters: The effect of attention and news on the buying behavior of individual and institutional investors’, The Review of Financial Studies.
2Falkenstein, E., (1996), ‘Preferences for stock characteristics as revealed by mutual fund portfolio holdings’, The Journal of Finance.
3Notons que cette hypothèse médiatique repose sur le seul nombre d’occurrences dans les médias, et non sur les opinions à l’égard de ces entreprises. Pour en savoir plus à ce sujet, voir Marchesini, T. et Swinkels, L., (2019), « Including news sentiment in quant equity strategies », Robeco, disponible sur demande.

Décharge légale Agree

Les informations présentes sur ce site Web sont destinées exclusivement aux professionnels. Un investisseur professionnel est : un investisseur qui, à titre professionnel, dispose d'assez de connaissances et d'une expertise et d'une expérience suffisantes pour pouvoir évaluer de manière adéquate les risques financiers liés aux décisions d'investissement prises par lui-même.

Les visiteurs de ce site Web doivent être conscients du fait qu’ils sont eux-mêmes tenus de respecter toutes les lois et règlements en vigueur dans leur pays.

En cliquant sur J'accepte, vous confirmez que vous êtes un investisseur professionnel. Si vous cliquez sur Je n'accepte pas, vous êtes orienté vers la partie réservée aux particuliers.

Je n’accepte pas