francefr
Le greenwashing au cœur des débats sur la gouvernance d'entreprise de l'ICGN

Le greenwashing au cœur des débats sur la gouvernance d'entreprise de l'ICGN

09-10-2019 | Vision
Le greenwashing devient une préoccupation majeure pour l'investissement durable, estiment les experts en gouvernance d'entreprise.
  • Carola van Lamoen
    Carola
    van Lamoen
    Head of Active Ownership

Points clés

  • Le greenwashing domine le débat lors du forum « The future beyond 2020 » de l'ICGN
  • Un appel en faveur d'un cadre commun pour rendre les rapports ESG moins complexes
  • Les Objectifs de développement durable et le dialogue actionnarial également débattus

Cette question a été le principal sujet d'un débat intitulé « The future beyond 2020 » lors de la conférence annuelle de l'International Corporate Governance Network (ICGN) à Tokyo. La discussion en plénière était présidée par Carola van Lamoen, responsable de l'actionnariat actif de Robeco.

La nécessité d'éviter le greenwashing – la pratique consistant à n'accorder que de belles paroles aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) par des gestes purement symboliques – prend une importance croissante à mesure que de plus en plus d'investisseurs adoptent l'investissement durable, ont déclaré les intervenants lors du débat.

« Nous ne pouvons pas éviter le greenwashing – nous devons essayer de passer au travers, de comprendre ce qui se passe et de poser les bonnes questions », a déclaré Sacha Sadan, directeur de la gouvernance d'entreprise chez Legal & General Investment Management au Royaume-Uni. « Nous devons examiner l'actionnariat de certains détenteurs d'actifs et voir ce qu'ils font. »

« Nous l'avons vu ici, au Japon, avec des entreprises qui ont dit qu'elles allaient retirer des mandats à des personnes en raison de considérations ESG. Voilà un bon leadership – il ne suffit pas d'en parler, il faut réellement retirer les fonds. En tant que gérant d'actifs, je peux vous assurer que vous commencez à bouger quand vous êtes menacé, sinon vous ne changerez jamais vos pratiques. »

Découvrez les dernières perspectives
Découvrez les dernières perspectives
Inscrivez-vous

Des actions, pas des paroles

Les clients refuseront de plus en plus de s'accommoder du greenwashing, car ils veulent récolter les fruits de critères ESG qui sont réellement intégrés dans un processus d'investissement, a averti Emily Woodland, co-responsable de l'investissement durable chez AMP Capital à Hong Kong.

« Les clients exigent de plus en plus de preuves des résultats extra-financiers de leurs investissements dans l'ensemble de leurs portefeuilles existants. Il ne s'agit pas seulement de mesurer l'empreinte carbone, ce qui est relativement simple à faire et qui devient beaucoup plus courant. Il existe également une série d'autres indicateurs de performance clés potentiels pour démontrer et différencier la performance ESG de votre portefeuille par rapport à vos concurrents ou à vos indices de référence. »

Un appel en faveur d'un cadre commun

Néanmoins, un cadre commun est nécessaire, selon Charles T. Canfield, responsable principal du groupe de gouvernance d'entreprise d'IFC aux États-Unis. « Il y a une nécessité de faire converger les normes de durabilité. J'ai l'impression d'être dans les années 90, à l'époque où les normes comptables internationales (IAS) devaient devenir la norme mondiale et qu'il y avait beaucoup à faire pour assurer l'harmonisation. Celles-ci se sont transformées et nous avons désormais les normes internationales d'information financière (IFRS), qui sont plus acceptées dans le monde entier. »

« La même chose va devoir se produire avec les rapports de durabilité. Tous les cadres différents qui existent actuellement devront être unifiés, ou peut-être que ce sera à un autre acteur de prendre les choses en main. Le Bureau international des normes comptables (IASB) lui-même a mis le reporting ESG à l'ordre du jour. Les investisseurs qui examinent des informations financières doivent pouvoir disposer des mêmes éléments, qu'ils soient au Japon, au Brésil ou au Royaume-Uni. »

Attention à l'« impact washing »

Selon Emily Woodland, le greenwashing touche également un autre sujet brûlant, celui de l'investissement dans les Objectifs de développement durable (ODD) de l'ONU, lorsque l'utilisation abusive de ces objectifs se transforme en « impact washing ». « De nombreuses personnes utilisent les ODD comme une référence commune pour mesurer et rendre compte des impacts extra-financiers. Le problème avec les ODD, c'est qu'ils n'ont pas vraiment été conçus pour répondre aux besoins des investisseurs et ne sont, de ce fait, pas entièrement adaptés dans le cadre du reporting. »

« En conséquence, ils ont fait l'objet de quelques abus. Des efforts crédibles sont vraiment faits, cela ne fait aucun doute, mais certaines personnes s'en servent comme outil de marketing pour commercialiser sous un nouveau nom des fonds traditionnels qui n'ont jamais vraiment été conçus comme des fonds ESG, durables ou d'impact. »

Nommer et dénoncer

Lors de la discussion, un autre sujet brûlant a été abordé : donner une nouvelle dimension au dialogue actionnarial en adoptant la pratique qui consiste à « nommer et dénoncer » les entreprises énergétiques qui nient le changement climatique ou qui font pression contre lui. « Nous classons les plus grandes entreprises du monde en fonction de leur communication d'informations sur le climat, de leurs politiques, de leurs déclarations, de leurs objectifs et de leur réputation », a déclaré Sacha Sadan aux participants.

« Est-ce qu'elles paient des lobbyistes politiques ? Paient-elles quelqu'un 14 millions de dollars pour dire que le changement climatique n'existe pas, qu'il n'est pas d'origine humaine ? Certaines entreprises le font, et maintenant nous les nommons. »

« Nous avons donné les noms de 11 grandes entreprises, y compris quelques sociétés pétrolières et gazières et deux entreprises japonaises. Depuis, elles sont toutes venues nous voir pour nous demander comment faire pour qu'elles figurent à nouveau sur notre meilleure liste. Nous voulons que ces entreprises fassent mieux. Il ne s'agit pas d'éliminer certains investissements. Il ne suffit pas de leur tourner le dos. Si nous voulons lutter contre le changement climatique, nous devons amener les plus grandes entreprises du monde à agir dans le bon sens. »

Les sujets en rapport avec cet article sont :

Information importante

L’information publiée dans les pages de ce site internet est plus particulièrement destinée aux investisseurs professionnels.

Certains fonds mentionnés dans le site peuvent ne pas être autorisés à la commercialisation en France par l’Autorité des Marchés Financiers. Les informations ou opinions exprimées dans les pages de ce site internet ne représentent pas une sollicitation, une offre ou une recommandation à l’achat ou à la vente de titres ou produits financiers. Elles n’ont pas pour objectif d’inciter à des transactions ou de fournir des conseils ou service en investissement. Avant tout investissement dans un produit Robeco, il est nécessaire d’avoir lu au préalable les documents légaux tels que le document d’information clé pour l’investisseur (DICI), le prospectus complet, les rapports annuels et semi-annuels, qui sont disponibles sur ce site internet ou qui peuvent être obtenus gratuitement, sur simple demande auprès de Robeco France.

Nous vous remercions de confirmer que vous êtes un investisseur professionnel et que vous avez lu, compris et accepté les conditions d’utilisation de ce site internet.

Je n’accepte pas