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« Nous recherchons des performances similaires, mais avec un meilleur profil de durabilité »

« Nous recherchons des performances similaires, mais avec un meilleur profil de durabilité »

25-09-2019 | Vision

Après s’être essentiellement limité aux marchés développés, l’investissement durable gagne du terrain dans les marchés émergents, où là aussi il est devenu un thème de croissance, en particulier en Asie. En lançant son nouveau fonds Sustainable Emerging Stars Equities, Robeco s’appuie sur le succès d’un portefeuille existant et recourt à un filtrage approfondi des critères ESG pour lui conférer un profil de durabilité plus marqué. Le gérant de portefeuille Jaap van der Hart explique pourquoi il a été décidé de lancer ce fonds.

  • Anastasia Gnezditskaia
    Anastasia
    Gnezditskaia
    Investment writer

Pour quelle raison avez-vous lancé ce fonds ?

« D’une part parce que la demande de fonds durables augmente, en particulier au Benelux et dans les pays nordiques, mais aussi ailleurs. D’autre part, parce que l’intégration des critères ESG est devenue un élément de plus en plus important dans notre processus d’investissement ces 15 dernières années. Pour nous, c’est donc une évidence. Nous pouvons nous appuyer sur le bon historique de performances de notre stratégie Emerging Stars Equities, ainsi que sur notre expérience en matière d’ESG au sein de l’équipe et chez Robeco.

Il s’agit de notre troisième fonds d’actions fondamentales centré sur la durabilité, après Sustainable European Stars Equities et Sustainable Global Stars Equities.

Le but est de créer un fonds durable tout en conservant l’objectif de réaliser de meilleures performances corrigées du risque pour les clients. Nous suivons le même processus et le même style d’investissement, et plus de 70 % des positions font partie des deux fonds. »

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Comment définissez-vous la durabilité ?

« Les critères de durabilité pour le fonds incluent une liste d’exclusion élargie par rapport aux autres fonds, qui comprend, entre autres, l’exposition au charbon thermique et aux équipements militaires. En outre, le nouveau fonds exclut les 20 % d’entreprises des pays émergents qui obtiennent les plus mauvais scores Smart ESG attribués par RobecoSAM. Et nous sélectionnons uniquement des sociétés qui se conforment aux critères des fonds durables pour le marché financier belge (Febelfin). »

« Il existe également des restrictions quant à l’exposition globale au niveau du portefeuille. Le fonds doit avoir un score Smart ESG supérieur à celui de l’indice MSCI Emerging Markets et un score d’impact environnemental inférieur de 20 %, dans quatre domaines : gaz à effet de serre, énergie, consommation d’eau et déchets. Ce ne sont là que les exigences minimales et dans la pratique, le portefeuille dépasse largement ces limites. »

« Enfin et surtout, nous allons au-delà de ces critères quantitatifs en intégrant également nos connaissances fondamentales des entreprises dans lesquelles nous pouvons investir. Nous visons à sélectionner les sociétés qui obtiennent de bons résultats dans de nombreux domaines de la durabilité. »

En quoi vos critères d’inclusion diffèrent-ils du fonds principal Emerging Stars ?

« La première différence est que plusieurs valeurs du portefeuille n’atteignent pas le seuil plus élevé exigé pour être incluses dans le nouveau portefeuille Sustainable Emerging Stars. Celui-ci exclut les 20 % d’entreprises enregistrant les moins bonnes performances en termes de Smart ESG et de critères Febelfin. C’est le cas des sociétés pétrolières et gazières qui ne participent pas à la transition énergétique. 

Par ailleurs, nous n’investissons pas dans deux entreprises qui sont techniquement adéquates mais dont le score ESG reste faible et l’impact environnemental élevé. Au total, le fonds Sustainable Emerging Stars est composé à 70 % de sociétés déjà détenues dans le fonds Emerging Stars. Les 25-30 % restants sont des entreprises plus durables qui offrent aussi des rendements intéressants. Elles proviennent pour la plupart de pays et secteurs dans lesquels nous sommes déjà investis, par le biais du fonds Emerging Stars. Nous avons également trouvé quelques opportunités d’investissement supplémentaires. »

Dans quels types de thèmes ou de domaines investissez-vous ?

« Le fonds Sustainable Stars privilégie plusieurs domaines. Par exemple, nous investissons davantage à Taïwan, plus spécifiquement dans le secteur informatique qui réalise de bons scores en matière d’ESG et qui est également intéressant sur le plan financier. Nous surpondérons aussi les services aux collectivités au Brésil (pays où l’énergie est principalement d’origine hydroélectrique), dans les sociétés indiennes d’externalisation de services informatiques et dans le secteur chinois de la santé. En outre, nous avons trouvé plusieurs entreprises qui jouent un rôle important dans la transition vers un monde plus propre, et qui sont intéressantes d’un point de vue financier. »

Comment obtenez-vous les données de durabilité dont vous avez besoin ? Sont-elles fiables dans les pays émergents ?

« Nos principales sources de données sont le classement de la durabilité des pays (CSR) (analyse top-down), l’évaluation annuelle de la durabilité des entreprises (CSA) et le tableau de bord ESG (recherche bottom-up) de RobecoSAM. À cela s’ajoutent des sources d’information externes provenant de fournisseurs de services de données tels que Sustainalytics, Glass Lewis, ICRG et Transparency International. 

Je ne dirais pas que les données ne sont pas fiables. Plusieurs entreprises produisent des rapports de durabilité complets et, pour celles qui ne le font pas, il existe des sources d’information externes. En cas de données insuffisantes sur le respect des bonnes pratiques, nous n’incluons pas les entreprises concernées, tout simplement. Au bout du compte, c’est une question de traitement des informations disponibles dans le processus d’investissement. La marge d’amélioration reste cependant importante dans les marchés émergents. De nombreuses entreprises ne produisent toujours pas de rapports RSE, ou pourraient considérablement améliorer leur reporting. Il s’agit d’un aspect que nous abordons aussi lorsque nous discutons avec la direction de ces firmes. 

Nous avons également observé des différences entre les pays quant aux informations fournies. En général, les entreprises chinoises pourraient améliorer leur reporting, tandis que la Thaïlande, par exemple, excelle particulièrement dans ce domaine.»

Les critères ESG ont-ils la même signification dans les marchés émergents que dans les marchés développés ?

« Oui. La principale différence est que les profils de durabilité varient davantage dans les marchés émergents. Les meilleures entreprises émergentes sont comparables aux meilleures entreprises des pays développés, mais on y trouve aussi plus de sociétés aux profils médiocres. De ce point de vue, l’investissement durable est même plus pertinent dans les marchés émergents. »

Comment cette priorité à l’investissement durable se manifeste-t-elle dans les pays, les secteurs ou les thèmes ?

« Dans une large mesure, les positions géographiques du fonds Sustainable Emerging Stars sont similaires à celles du fonds Emerging Stars. Il existe pourtant quelques différences. Tout d’abord, il ne détient pas de sociétés pétrolières et gazières russes, tandis que les firmes russes affichant de bons scores en matière de performance et de durabilité sont rares. Le fonds sous-pondère donc ce pays. En revanche, nous surpondérons la Thaïlande, qui se démarque en matière de reporting et de développement durable, ainsi que Taïwan qui affiche aussi de bons scores, en particulier dans le secteur technologique.

Sur le plan sectoriel, le fonds Sustainable Stars est moins exposé à l’énergie et aux matériaux, deux secteurs comptant une plus grande part d’entreprises polluantes. En revanche, nous surpondérons le secteur technologique, qui inclut les fournisseurs de matériel, les sociétés indiennes d’externalisation informatique et un fabricant coréen de batteries, mais aussi les producteurs hydroélectriques brésiliens et une entreprise chinoise de santé.

Il en résulte un portefeuille géré de manière active et composé de 40 à 50 valeurs, comme l’Emerging Stars. Sans surprise, le Sustainable Emerging Stars présente donc un profil de durabilité clair caractérisé par des scores ESG nettement supérieurs, un impact environnemental plus faible et l’exclusion des entreprises aux scores médiocres. Outre la dimension ESG, il demeure important de trouver les entreprises qui sont raisonnablement valorisées et dont les prévisions de résultats sont sous-évaluées, ce qui offre un potentiel de hausse du titre. »

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