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Doit-on encore investir sur les actions américaines étant donné les risques sous-jacents ?

Doit-on encore investir sur les actions américaines étant donné les risques sous-jacents ?

15-10-2018 | Prévisions sur 5 ans

Le problème récurrent auquel sont confrontés les investisseurs est de choisir l'allocation d'actifs optimale. Dans la mesure où les valorisations des actions américaines restent extrêmement élevées, doit-on encore investir sur cette classe d’actif étant donné les risques sous-jacents ? La réponse est pluridimensionnelle, à l'image du dessin de Maurits Cornelis Escher, comme le souligne notre stratégiste Peter van der Welle.

  • Peter van der Welle
    Peter
    van der Welle
    Strategist

Points clés

  • Corrélations croissantes entre les marchés haussiers des actions et de la dette souveraine
  • La compensation du risque sur les actions américaines semble se situer à un tournant
  • Le niveau élevé des valorisations sème le doute sur le potentiel des actions américaines à moyen terme
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Cet artiste néerlandais est connu plus particulièrement pour son œuvre baptisée « Relativité », le dessin surprenant d’une structure architecturale qui mélange trois perspectives en une seule apparemment unifiée, mais dans un espace irréel. Actuellement, les marchés sont confrontés à une problématique similaire au sens où les actions et les obligations d’État se retrouvent dans des marchés haussiers persistants à peu près au même moment. Si la prudence est de mise au sein de ces deux classes d’actifs afin d’éviter de perdre de l'argent, les perspectives à prendre en compte afin de trouver le bon compromis diffèrent fortement.

Les États-Unis sont un refuge pour l’investissement traditionnel : en effet, la première économie mondiale, qui défie parfois la gravité, est depuis longtemps le moteur de la croissance mondiale et de la santé des entreprises. Or ce constat se vérifie-t-il encore aujourd’hui ? Une des manières d’aborder la question est d’utiliser la prime de risque des actions. Pour faire simple, celle-ci décrit la performance excédentaire reçue par les investisseurs dans une perspective historique, ou celle qu’ils envisagent de recevoir, en investissant dans les actions plutôt que dans les obligations d’État extrêmement sûres notées AAA. Il s’agit de l’un des outils de valorisation utilisé par Robeco dans son rapport Expected Returns qui se révèle particulièrement utile pour identifier les sources de valeur ajoutée en cas de changement imminent des corrélations entre les obligations et les actions.

Les atouts des actions

Historiquement, les actions surperforment de manière systématique et significative la dette souveraine, comme en témoigne leur écart de performance de 3,2 % depuis 1900. Aux États-Unis, cette performance atteint même 4,4 %, contre une moyenne mondiale de 2,8 %. Or nous observons l’existence d’une anomalie, à savoir que ces taux sont régulièrement plus élevés que ne semble le justifier la croissance du PIB sous-jacente. Ce marché verse en quelque sorte une prime supplémentaire en plus de la prime habituelle.

Il est possible d’interpréter cette situation de la manière suivante : les performances généralement supérieures des actions américaines illustrent le statut des États-Unis de première puissance économique et politique du XXe siècle. Or les investisseurs en actions ont été récompensés en investissant dans la « success story » américaine. Pourtant, cela n’est pas corroboré par la croissance de leur productivité, qui s’élève seulement à 1,83 % par an depuis 1900, soit un niveau proche de la moyenne à 1,85 %, prise sur 20 pays. Nous nous trouvons donc devant l'énigme de la prime de risque des actions : à savoir que le lien entre l’économie réelle et la rémunération pour le risque pris sur le marché actions local est flou.

Une question de relativité – tout dépend de la manière dont vous voyez les choses.

Un tournant ?

Le problème auquel sont confrontés les investisseurs ne tient pas aux facteurs qui expliquent la taille de la prime de risque des actions, ni à son origine (facteurs liés à la demande ou à l’offre ?), mais plutôt au fait que nous nous trouvions peut-être à un tournant. Jamais dans l’histoire récente, la prime de risque des actions américaines n’a été aussi faible par rapport au marché actions mondial, qui lui-même se situe actuellement à son niveau le plus bas depuis 33 ans.

Cette situation est représentée dans le graphique ci-dessous, qui compare la prime de risque des actions américaines baptisée « z-score » – définie comme le ratio bénéfice/cours de l’indice S&P 500 minoré du rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans – avec ce même ratio bénéfice/cours, mais de l’indice MSCI World, minoré du rendement des obligations d’État internationales représentées par l’indice Merrill Lynch.

Source: Thomson Reuters Datastream, Robeco

Les précédents points bas du z-score de la prime de risque des actions américaines par rapport à son équivalent mondial ont été enregistrés en mars 2000 et en mai 2006, mais à des niveaux moins extrêmes que le niveau actuel. Ces creux de ce ratio ont annoncé le pic des deux derniers marchés haussiers des actions représentées par le S&P 500. Ils l’ont précédé de 3 et 18 mois, respectivement. Ce constat pourrait donc être une source d'inquiétude, au point de nous demander si nous ne serions pas en train de nous approcher d’un nouveau marché baissier.

« Cette fois-ci, c'est différent »

Les investisseurs optimistes estiment que les choses sont différentes cette fois-ci car les États-Unis sont dans une bien meilleure situation qu’en 2000 ou en 2006. Les valorisations absolues des marchés actions, mesurées sur la base du ratio bénéfices/cours ajusté des variations cycliques (« cyclically adjusted price earnings » ou CAPE), sont moins excessives qu’elles ne l’étaient en 2000, tandis que la volatilité des statistiques macroéconomiques américaines est nettement inférieure. Et contrairement à l’année 2006, une bulle du marché de l'immobilier ne représente actuellement qu’un risque lointain, les taux d'intérêt réels sont bien moins élevés, et les programmes de rachat d'actions sont davantage porteurs.

Par ailleurs, la performance générale du marché actions américain est, et demeurera, soutenue par la rentabilité réelle solide et stable du secteur technologique américain. Ce dernier n’a pas encore atteint les points hauts du début de l’an 2000 en pourcentage de la valeur des marchés boursiers mondiaux, et l’administration américaine n’a aucun intérêt à mettre des bâtons dans les roues de la Silicon Valley, ce qui reviendrait à jouer le jeu de la Chine.

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Les deux faces d'une même réalité

En revanche, en cas de fiasco du « Trump Put », caractérisé par une réduction de l’impôt sur les sociétés et des mesures de relance monétaire, de surchauffe de l’économie américaine ou de retour de flamme du protectionnisme commercial, les incertitudes deviendraient élevées sur le plan macroéconomique. Nous avons affaire ici aux deux faces d’une même réalité. Les participants du marché américain pourraient assister aux derniers instants de la fête.

En résumé, comme l’a montré l’artiste M. C. Escher, la perspective est importante. D’après une analyse réalisée par Robeco, les écarts de performance des actions américaines finiront par s’approcher de zéro, et pourraient même passer en territoire négatif à moyen terme, par rapport aux écarts de performance des actions d’autres régions.

Dans ce contexte, les obligations du Trésor américain resteront une option d’investissement, et il pourrait se révéler payant de diversifier les portefeuilles vers d’autres régions au détriment des actions américaines. Un avertissement s’impose toutefois : si cette situation peut se révéler identique aux précédentes au final, le coût d’opportunité d’une diversification trop précoce, dans un monde où les États-Unis demeurent la puissance financière mondiale indiscutable, pourrait s’avérer élevé.

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