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Un regard critique et de la patience sont essentiels pour l'investissement à faible volatilité

Un regard critique et de la patience sont essentiels pour l'investissement à faible volatilité

24-07-2015 | Vision

Chaque vendredi, l'éditeur en chef Peter van Kleef aborde avec les experts Robeco divers sujets qui invitent à la réflexion. Cette semaine : quels sont les éléments à surveiller lors de la sélection de produits à faible volatilité ?

  • Peter van Kleef
    Peter
    van Kleef
    Chief Editor

Points clés

  • Les actions à faible volatilité peuvent être plus volatiles que le reste du marché sur de courtes périodes
  • Pour l'investissement à faible volatilité, les investisseurs ont besoin d'un horizon d'au moins un cycle de marché
  • Une approche optimisée peut offrir un soutien en cas de hausse de taux
  • Cinq éléments à surveiller pour sélectionner un produit ou un gérant

L'intérêt croissant pour les produits d'actions à faible volatilité a bien entendu pour effet d'accroître l'offre. Il ne devrait donc pas être étonnant que des produits ayant (pratiquement) la même description puissent être différents.

Les investisseurs n'apprécient pas les grandes fluctuations de cours et c'est en partie ce qui explique que dans les esprits la volatilité soit souvent associée au risque. Toutefois, les deux ne sont pas synonymes. Le risque bien réel auquel s'exposent les investisseurs est celui de pertes durables et non pas d'accidents de parcours.

De nombreux investisseurs qui font preuve d'aversion pour le risque se tournent vers les produits à faible volatilité afin de réduire la volatilité de leurs investissements en actions. Depuis la crise financière, nous assistons à une augmentation de la demande mais aussi de l'offre. Et bien que la décision d'opter pour la faible volatilité soit souvent dictée par la prise en compte du risque, c'est aussi une bonne chose en termes de performances.

Alors que la faible volatilité peut souvent être plus volatile que prévu à court terme, la caractéristique de faible volatilité de ces stratégies est la plus visible dans les marchés baissiers et/ou relativement agités. En outre, les données historiques montrent que les rendements d'actions à faible volatilité sont presque invariablement supérieurs à la performance de l'ensemble du marché. Pour les investisseurs, la seule condition est d'utiliser un horizon d'un cycle de marché comprenant à la fois des hauts et des bas.

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Rendements supplémentaires

Les recherches réalisées par Robeco à partir des données de 1926 à 2010 ont démontré que la probabilité qu'une stratégie à faible volatilité passive sous-performe l'ensemble du marché actions sur une période de trois ans n'est que de 10 %. Et dans le cas d'une stratégie à faible volatilité optimisée, telle qu'utilise Robeco dans le cadre de ses stratégies Conservative Equities, ce taux est encore plus faible, soit 2 %. Selon Pim van Vliet, gérant de portefeuille de Quant Equities, les résultats de ces recherchent sont confirmés par les données recueillies depuis 2006 (date du lancement de la première stratégie Conservative Equities).

La stratégie Conservative Equities de Robeco ne prend pas seulement en compte la faible volatilité historique, mais aussi les facteurs de momentum et de valeur. Il est assez intéressant de remarquer que l'intégration de ces deux facteurs supplémentaires dans les calculs à long terme ne génère pas un risque supérieur à celui de stratégies purement basées sur la faible volatilité. Pourtant, cette approche a depuis 2006 enregistré une surperformance d'environ 2 % chaque année par rapport à une approche entièrement basée sur la faible volatilité. Depuis sa création, le fonds Global Conservative Equities affiche une performance annuelle de 8 %. Le Min Vol a quant à lui enregistré un résultat de 5,9 % et le marché une performance de 5,2 %.

« Le risque avec une gestion passive à bêta intelligent comme dans le cas de Minimum Volatility est que cette approche est basée uniquement sur des données historiques »

D'après Pim van Vliet, ceci correspond également aux données recueillies par les recherches portant sur la période de 84 ans et allant jusqu'à 2010. Ceci s'explique principalement par l'incorporation des facteurs supplémentaires de momentum et de valeur. Selon Pim van Vliet, le risque avec une gestion passive à bêta intelligent comme dans le cas de Minimum Volatility est que cette approche est basée uniquement sur des données historiques.

Les avantages d'une stratégie optimisée

Pim van Vliet explique que son équipe examine également les bilans des entreprises afin de cartographier d'éventuelles situations de détresse financière, c'est-à-dire le risque qu'une société soit confrontée à des difficultés. Une entreprise peut présenter une volatilité historique faible et élevée, mais avoir gonflé le bilan avec des capitaux d'emprunt, ce qui peut entraîner une forte hausse de la volatilité. L'approche optimisée offre un avantage supplémentaire : celui d'un portefeuille à taux de rotation plus faible.

Pour certains produits à volatilité minimale, ce taux peut largement être supérieur à 30 %, ce qui signifie que la performance peut se trouver réduite par les frais de transaction. Le taux de rotation moyen de notre fonds Global Conservative Equities est d'environ 25 %, ce qui implique qu'un titre reste en moyenne quatre ans dans notre portefeuille.

Une autre différence est que les fonds Conservative Equities ne sont pas autorisés à dévier de plus de 10 % par rapport à la pondération de l'indice en ce qui concerne la diversification sur les régions, pays et secteurs. Pim van Vliet souligne que cette caractéristique donne aux fonds une marge de manœuvre mais les empêche en même temps d'avoir une exposition gigantesque dans un nombre limité de secteurs. Pendant plusieurs années, l'indice S&P Low Vol avait une concentration de près de 60 % sur seulement deux secteurs : les services aux collectivités et les biens de consommation de base. Ainsi, lorsque ces secteurs perdent leur attrait, on assiste à d'importantes dérives de style, avec tous les risques que cela comporte.

D'importantes réductions de volatilité

Au sein des stratégies Conservative Equities, les titres sont sélectionnés pour leur faible volatilité. Toutefois, la valeur et le momentum sont également pris en compte, c'est-à-dire des actions qui présentent des valorisations attractives ou qui font l'objet d'une demande importante de la part des investisseurs. Au cours du cycle, les réductions de volatilité par rapport au marché depuis 2006 ont été en moyenne de 26 %, avec un pic de 44 % en 2008, l'année de l'effondrement de Lehman Brothers. En général, plus la volatilité des marchés est élevée, plus la stratégie réussit à maîtriser la volatilité.

En période de marchés haussiers, la volatilité d'un investissement à faible volatilité peut même être supérieure à celle du marché, en particulier sur de courtes périodes, un fait que les régulateurs financiers ont également remarqué. Les autorités néerlandaises de surveillance financière, l'Autorité des marchés financiers (AFM), ont récemment mis en garde les investisseurs que la volatilité de nombreux produits est plus élevée que ne le laisse penser leur nom.

Les inquiétudes des autorités de réglementation

L'Autorité européenne des marchés financiers, l'ESMA, examine elle aussi cette question. L'AFM a cité les produits passifs à faible volatilité comme un exemple pertinent et s'est entretenue avec les acteurs de la commercialisation de produits présentant un niveau de volatilité sensiblement élevé à propos de leur communication d'informations. Cela concerne principalement les informations que ces derniers fournissent aux acheteurs sur la manière dont la volatilité est mesurée.

C'est une situation que Pim van Vliet connaît bien. « Le point fondamental de la faible volatilité est que l'on perd moins que le marché dans des marchés baissiers, mais en même temps que l'on conserve la capacité d'éviter de se retrouver à la traîne lorsque la tendance s'inverse. Cela signifie que l'on peut obtenir des rendements conformes ou supérieurs au marché sur un cycle de hauts et de bas.

Les réductions de volatilité sont généralement visibles sur de plus longues périodes. Les avantages deviennent assez évidents lorsque l'on compare les stratégies Conservative Equities avec le marché sur une période d'au moins un cycle. »

Peur des hausses de taux ?

La réduction de la volatilité est visible depuis le lancement de Global Conservative Equities. Les données portent toutefois sur une période de taux toujours plus bas. Une période plus longue de hausse de taux pourrait-elle changer la situation et la rendre teintée de rose ? Pim van Vliet reconnaît que la faible volatilité peut être sensible à des taux en hausse. L'approche optimisée peut également faire ses preuves dans un tel contexte de marché.

D'après Pim van Vliet, la faible volatilité passive est particulièrement sensible. Un fait qui selon lui peut être compensé quelque peu en ajoutant la valeur et le momentum, ce qui rend en général la stratégie moins sensible à des hausses de taux.

Check-list pour la sélection de la faible volatilité

En raison des nombreuses préférences et de l'éventail de produits en pleine expansion, les investisseurs commencent à se demander quels éléments ils devraient surveiller lors de la sélection de produits à faible volatilité. Pim van Vliet dresse une liste de cinq points :

  1. Une perspective multidimensionnelle des risques.
    Ce qui compte n'est pas seulement la faible volatilité dans le passé mais aussi les risques futurs. Il vaut mieux aborder ce problème en utilisant une approche active en matière de faible volatilité.
  2. La performance dans des marchés haussiers.
    La limitation des pertes dans des marchés baissiers ne devrait pas se faire trop aux dépens du potentiel de hausse en cas de reprise des marchés.
  3. Le taux de rotation.
    Un faible taux de rotation du portefeuille signifie de faibles frais de transaction et des performances nettes supérieures.
  4. Les risques de concentration.
    L'utilisation de la volatilité historique comme seul critère de sélection pourrait entraîner des déséquilibres importants, par exemple au niveau des secteurs.
  5. Chaque position peut-elle être expliquée ?
    Est-ce que chaque position au sein du portefeuille peut être expliquée à partir du caractère de faible volatilité du titre concerné ?

Si ce dernier point semble évident, c'est toutefois loin d'être le cas. De nombreux distributeurs de produits à faible volatilité utilisent des outils d'optimisation pour la construction de leurs portefeuilles. Ceci implique généralement d'examiner les corrélations entre un panier d'actions. Sélectionner l'action X parce que celle-ci présente une faible corrélation avec l'action Y peut se traduire par une volatilité plus faible pour le portefeuille dans son ensemble. Cela peut néanmoins entraîner d'inclure dans le portefeuille des actions qui en elles-mêmes sont très volatiles.

Pim van Vliet : « Les produits développés avec des outils d'optimisation ne sont pas obligatoirement moins performants et n'ont pas par définition une volatilité plus élevée. Toutefois, leur principe de fonctionnement est plus difficile à expliquer. On obtient alors une sorte de boîte noire. De plus, les corrélations mutuelles ne sont pas stables au fil du temps, ce qui rend un ajustement du portefeuille nécessaire et de ce fait des frais de transaction plus élevés. »

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