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Il y a de réels avantages à combiner les stratégies quantitatives aux stratégies fondamentales.

Il y a de réels avantages à combiner les stratégies quantitatives aux stratégies fondamentales.

27-06-2014 | Vision

Le gérant d’actifs hollandais APG est l’un des plus grands gestionnaires de fonds de pension dans le monde. Il compte plus de 359 milliards d’euros d’actifs sous gestion et il est en charge de 30% des organismes de retraite collectifs hollandais. Les stratégies quantitatives axées sur les actions ont une importance particulière pour APG.

Ronald van Dijk, responsable actions des marchés développés, est en charge d’investir 65 milliards d’euros par le biais de stratégies quantitatives et 40 milliards d’euros sur une base fondamentale. En tant que gérant expérimenté, il nous a donné un aperçu de la façon dont ces stratégies quantitatives et fondamentales peuvent se combiner harmonieusement. Il nous a aussi expliqué ce que les investisseurs institutionnels doivent prendre en compte quand ils utilisent des stratégies quantitatives. Voici ses explications :

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Quels sont les avantages d’une combinaison de stratégies quantitatives et fondamentales ?

D’après nous, il y a de réelles opportunités de diversification lorsque l’on combine les deux stratégies. Nos investissements quantitatifs surperforment à des moments différents de ceux des stratégies fondamentales. Cela nous permet d’obtenir un alpha plus stable que si nous n’étions focalisés que sur un seul type de stratégie. Les moteurs du marché varient. Parfois il est influencé par des facteurs et d’autres fois il est porté par le sentiment. Cela le rend particulièrement adapté aux stratégies quantitatives. Par contre les marchés sur lesquels il est difficile de quantifier certains éléments (les changements de stratégie d’une entreprise par exemple) et où le risque externe est important conviennent davantage aux stratégies fondamentales.

Cette diversification existe parce que ces deux stratégies examinent différents aspects d’une entreprise et du sentiment de marché. L’horizon d’investissement est lui aussi différent. Pour une stratégie quantitative on compte un maximum de trois ans, tandis que la plupart des stratégies fondamentales se basent sur un horizon de 3 à 5 ans. Certaines d’entre elles ont même un horizon de 10 ans, voire indéterminé. En outre, nos stratégies quantitatives ont souvent un biais « value », alors que nos gérants fondamentaux externes ont tendance à chercher la croissance. Si les stratégies « value » sont en vogue à certains moments, celles basées sur la croissance le sont à d’autres. En raison de la taille de notre fonds, notre seule grande contrainte est de déterminer ce qui fonctionne. Nous n’avons pas à nous limiter à quelques stratégies seulement. Nous avons la possibilité d’ajouter une stratégie supplémentaire tant que cette dernière contribue à générer une surperformance plus stable et à créer de l’alpha.

La combinaison de stratégies quantitatives et fondamentales a-t-elle aussi des avantages en interne ?

Notre processus de gestion de portefeuilles s’améliore car les stratégies quantitatives et fondamentales se combinent au même niveau. Il y a peu de gérants d’actifs qui offrent cela. Robeco est l’un des rares à proposer cette solution. Les techniques qui ont été développées pour des stratégies quantitatives telles que la gestion du risque aux multiples aspects, la minimisation des coûts de transaction et la construction de portefeuilles restreints peuvent aussi être utilisées pour nos stratégies actions fondamentales.

Y a-t-il des inconvénients à investir de manière quantitative ?

Le terme « inconvénients » est trop fort, mais les stratégies quantitatives sont différentes des stratégies fondamentales. Vous devez prendre conscience des problèmes éventuels. L’analyse de l’entreprise y est moins approfondie que celle obtenue par la recherche fondamentale. Mais cette limite peut être dépassée en construisant un portefeuille plus diversifié. Les inconvénients de l’analyse quantitative ont peu à peu disparus. Auparavant, les stratégies reposaient seulement sur des données structurées. Les données de l’entreprise provenaient des bilans et des prévisions de l’analyste, par exemple. Maintenant, les stratégies peuvent utiliser des éléments textuels comme base d’analyse. Les données concrètes contenues dans les bases de données ne sont plus exigées. Ces textes peuvent être utilisés pour évaluer le sentiment actuel sur une action particulière ou pour examiner les derniers risques Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG). Ces données non structurées ne sont utilisées que dans la première étape. Des opportunités significatives apparaissent grâce à la puissance accrue des ordinateurs et l’utilisation de modèles économétriques. D’ailleurs, nous travaillons en étroite collaboration avec des universités pour examiner toutes les options disponibles. Un autre inconvénient de l’investissement quantitatif qui s’atténue est la rotation du portefeuille. Auparavant, on pensait qu’une stratégie quantitative n’était possible qu’avec une grande rotation du portefeuille. Ce n’est plus du tout le cas. Ces changements de portefeuilles sont moins nombreux que pour la plupart des stratégies fondamentales. Les signaux quantitatifs sont aussi valables pour une plus longue période et notre processus de construction du portefeuille a pour objectif de réduire encore plus cette rotation.

L’investissement basé sur des facteurs dont le « smart beta » est à la mode. Quelles en sont les avantages ?

On peut compter la transparence, des coûts moins élevés ainsi qu’un couple rendement/risque plus attractif que les stratégies pondérées par le marché.
Nous utilisons trois différents types de stratégies :

  • Une stratégie quantitative à volatilité minimum, pour s’exposer aux actions moins risquées.
  • Les investissements tenant compte du facteur « prime de risque ». Nous recherchons par l’intermédiaire de modèles quantitatifs les risques récompensés par des rendements supplémentaires comme la « valeur » et le « momentum ».
  • L’utilisation de stratégies fondamentales en actions sur un horizon de plus de 10 ans. D’autres investisseurs pourraient manquer de patience, parfois parce qu’ils veulent effectuer des rachats ou qu’ils craignent un manque de liquidité.

Les primes générées par les facteurs compensent-elles les risques ?

Cette question a été soulevée dans le milieu académique. Ces primes constituent elles une compensation pour le risque pris ou bien soulignent elles les limites de la théorie du MEDAF? Dans les deux cas, elles nous satisfont ; même si elles sont une compensation du risque, cela ne pose pas de problème tant qu’elles assurent des rendements élevés. Nous pouvons diversifier le risque en combinant différentes stratégies quantitatives et fondamentales. Il est important de noter que les stratégies fondamentales ne sont pas exposées au même degré aux primes de facteurs que les stratégies quantitatives.

Craignez-vous que les primes de facteurs disparaissent ?

Nous sommes attentifs et surveillons en continu le bon fonctionnement des signaux ainsi que l’éventualité qu’une stratégie devienne très demandée. Prenons l’exemple de l’investissement à faible volatilité, nous surveillons de près les montants investis dans ces stratégies. Nous ne sommes pas inquiets par ce dernier parce que étonnement, il ne représente qu’un petit pourcentage de l’ensemble des stratégies d’investissement actives dans le monde. Mais si nous constatons qu’une stratégie devient très convoitée, nous pouvons réduire notre exposition.

Quel est le degré d’importance accordé par les fonds de pension hollandais aux stratégies à faible volatilité ?

La majorité de nos clients dont les fonds de pension hollandais sont assez satisfaits des stratégies d’investissement à faible volatilité, dans lesquelles nous avons investi 12 milliards d’euros jusqu’à présent. Ce fort degré d’intérêt est aussi le résultat de l’ampleur qu’a pris la recherche académique dans ce domaine. Les chercheurs hollandais ont contribué de manière significative à cette recherche académique.

Ces stratégies ont changé la perception du risque des fonds de pension. Les fonds de pension hollandais et internationaux accordaient une grande importance à la tracking error, mais la situation a changé. Maintenant, l’attention se porte davantage sur le risque global et sur la stabilité du ratio de financement. La question est de savoir de combien varie la valeur des actifs relativement aux dettes. C’est à ce moment-là que la stratégie de volatilité minimum entre en jeu. A noter aussi que les fonds de pension sont très attirés par l’offre d’un ratio de financement plus stable.

Quelle est votre opinion sur l’indice MSCI Minimum Volatility ?

Le concept est une bonne idée car il donne une indication sur la performance de certains indices smart-beta, mais on constate aussi des inconvénients. Il nous est difficile de suivre attentivement cet indice de référence car sa capacité est trop limitée pour nous. De ce fait, nous devons trouver des alternatives. En outre, nous souhaitons combiner la volatilité minimum avec des aspects de valorisation. Enfin, nous n’utilisons pas l’indice de référence car nous souhaitons tenir compte de facteurs ESG qui ne se trouvent pas dans ce dernier.

Est-il aisé de combiner les facteurs ESG dans les stratégies quantitatives ?

Notre clientèle de fonds de pension s’attend à ce que nous intégrions les facteurs ESG dans chaque classe d’actifs. Nous avons fait beaucoup d’effort de recherche sur les méthodes d’intégration des critères ESG dans une stratégie quantitative. La couverture de marché et la qualité des données dont nous disposons est en constante amélioration. Cela génère de bonnes opportunités pour combiner les critères ESG et les stratégies quantitatives de manière innovante. Avant toute chose, notre approche doit être en ligne avec notre politique d’investissement responsable et avec celle de nos clients. En tant qu’investisseur, la question qui se pose est : quels critères ESG sont importants pour nous ? Les experts quantitatifs savent très bien comment utiliser les facteurs ESG pour générer du risque et du rendement.

Les Pays-Bas sont-ils un marché approprié à l’investissement quantitatif ?

Absolument. L’industrie de la gestion d’actifs hollandaise a de nombreuses décennies d’expérience dans l’investissement quantitatif en actions. Elle est pionnière dans les techniques quantitatives telles que l’investissent multifactoriel, le contrôle intégré des coûts de transaction et la gestion ALM. Nous sommes satisfaits du nombre d’économétriciens qui sortent diplômés de nos universités, de même que dans d’autres disciplines connexes comme les mathématiques, la physique et l’informatique. Vous avez besoin de talents pour poursuivre avec succès des stratégies quantitatives. En outre, les Pays-Bas attirent des collaborateurs étrangers car le pays a une bonne réputation dans le domaine quantitatif.

Il n’est pas concevable d’avoir une approche approximative dans l’investissement quantitatif : soit le travail est bien fait, soit on ne le fait pas. Il requiert des investissements à long terme en termes humains ainsi qu’une infrastructure informatique dédiée. Nous espérons que l’industrie de la gestion d’actifs hollandaise restera forte afin de faciliter les échanges de nouvelles idées et attirer des talents dans cette industrie.

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