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Résoudre le dilemme de l’investissement durable

Résoudre le dilemme de l’investissement durable

25-05-2020 | Interview

Associer efficacement investissement quantitatif et investissement durable exige une bonne dose de compétence. Avec Jan de Koning et Georgi Kyosev, membres de l’équipe Quant Equities de Robeco, nous revenons sur les dernières tendances en la matière et sur ce qui distingue Robeco.

  • Jan de Koning
    Jan
    de Koning
    Portfolio Manager
  • Georgi Kyosev
    Georgi
    Kyosev
    Researcher

Points clés

  • Associer investissement quantitatif et investissement durable est moins simple qu’il n’y paraît 
  • La décarbonisation et l’engagement sont devenus des enjeux déterminants
  • La capacité à adapter les critères de durabilité au fil du temps est également essentielle

Quels changements avez-vous constatés dans la manière dont les clients abordent la durabilité ?

Georgi Kyosev: « Il y a quelques années, la durabilité n’était pas un sujet dont on parlait beaucoup. Tout le monde s’intéressait à l’aspect “facteur” de nos stratégies quantitatives, alors qu’aujourd’hui, la durabilité monte en puissance. En général, ce sont d’abord les critères ESG, puis les facteurs. »

Jan de Koning: « L’investissement durable lui-même évolue très vite. C’est une bonne nouvelle, mais cela veut aussi dire qu’en tant que gérants, nous devons être rapides et flexibles. Il y a dix ans, la plupart des investisseurs se contentaient d’une liste d’exclusions. Désormais, ils souhaitent davantage de personnalisation et de sophistication. Cela s’explique notamment par le fait que la définition de la durabilité n’est pas gravée dans le marbre. C’est une question très personnelle : je n’ai jamais rencontré deux clients avec les mêmes exigences. Ils ont des objectifs différents, sont soumis à des législations différentes, font face à des pressions différentes de la part des mandataires, etc. »

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Quel est le sujet phare en ce moment, ce que les gens demandent le plus ?

J.D.K.: « La réduction de l’empreinte carbone. Cela vient notamment du fait que l’intégration des scores ESG est plus complexe (quel score doit-on utiliser ?) et que les exclusions fondées sur des valeurs sont très personnelles. Inversement, la réduction de l’empreinte carbone, c’est quelque chose de beaucoup plus objectif, un sujet sur lequel il est facile de communiquer. C’est tangible. C’est pour cela que c’est un enjeu plébiscité. »

G.K.: « Si les clients se détournent peu à peu des exclusions, c’est aussi parce que beaucoup détiennent déjà des produits de gestion passive et qu’ils veulent des stratégies qui n’impactent pas le profil de risque-rendement de leur portefeuille. Ils sont donc très vite déçus par les exclusions, car elles n’améliorent pas vraiment la durabilité alors que leur tracking error est relativement élevée. »

Donc les clients veulent quelque chose de simple, mais la simplicité n’a rien de simple, c’est ça ?

J.D.K.: « Exactement ! Nos clients savent que la durabilité n’est pas figée. En outre, ce n’est pas leur seul objectif, donc ils veulent rester flexibles. Ils veulent pouvoir adapter leurs stratégies, aujourd’hui comme demain. Sur tous ces plans, les gérants actifs peuvent faire la différence par rapport à un fournisseur d’indices classique et proposer un portefeuille sans exposition indue à certains facteurs, rotation importante, positionnement non désiré sur certains pays ou biais sectoriel, par exemple. »

Les fournisseurs d’indices doivent souvent sacrifier les optimisations ESG pour empêcher la tracking error d’exploser

Très bien. Mais qu’en est-il des optimisations liées à la durabilité ? C’est aussi un domaine dans lequel les gérants actifs peuvent se démarquer…

G.K. : « Bien sûr. Les fournisseurs d’indices doivent souvent sacrifier les optimisations ESG pour empêcher la tracking error d’exploser. Ou, pour la limiter, ils s’exposent à une rotation très importante. Nous avons baptisé ces compromis “le dilemme de l’investissement durable”. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut le résoudre avec une approche innovante, qui apporte une durabilité élevée, une tracking error faible et une rotation limitée. »

J.D.K. : « Par ailleurs, nos deux décennies d’expérience de l’investissement quantitatif et de l’investissement durable, conjuguées à notre taille et notre portée mondiale, nous permettent de rester très agiles. Nous avons des spécialistes du quantitatif qui travaillent sur des données de durabilité et des spécialistes de la durabilité qui connaissent très bien l’investissement quantitatif. Cela nous permet d’être très réactifs et de proposer des solutions adaptées, même pour des petits mandats. »

« Par exemple, lorsque l’équipe quantitative a eu l’idée de “décarboner” les stratégies value, nous avons pu la concrétiser rapidement et partager nos connaissances en matière d’évaluation de la durabilité des entreprises avec nos collègues spécialistes de la durabilité. Les fournisseurs d’indices et les gérants qui possèdent des équipes très fournies mais très isolées les unes des autres ou qui utilisent des scores ESG génériques ont plus de mal à le faire. »

Existe-t-il d’autres éléments qui distinguent l’offre quantitative de Robeco de la concurrence ?

G.K.: « Outre l’expertise quantitative, nous bénéficions également de l’expérience de l’équipe engagement. C’est une compétence que peu d’autres gérants peuvent proposer. Par le passé, les clients n’y étaient pas forcément sensibles, mais aujourd’hui, le sujet revient de plus en plus souvent dans les réunions. Et nous sommes peut-être l’une des rares entreprises à savoir conjuguer indexation durable et engagement. »

J.D.K.: « L’actionnariat actif et l’engagement auprès des entreprises constituent clairement l’un des principaux défis de notre époque. Les gérants passifs ont tendance à se décharger sur les fournisseurs d’indices, affirmant que la volonté d’engagement doit transparaître dans la manière dont l’indice est conçu, l’idée étant de pouvoir réduire la pondération d’une entreprise qui fait la sourde oreille, donc de l’inciter à changer de comportement. »

« Les fournisseurs d’indices, eux, se déchargent sur les gestionnaires d’actifs ou sur les régulateurs, parce que leur métier, c’est de fabriquer des indices, pas de faire de l’engagement. Donc les investisseurs durables se retrouvent pris entre le marteau et l’enclume. Qui va forcer les entreprises à s’améliorer ? »

Qu’en est-il de la mise en œuvre ? Robeco ne propose pas que des fonds et des mandats quantitatifs traditionnels, mais aussi des indices…

G.K.: « Les besoins des clients sont tous différents. Les indices sont adaptés aux clients qui souhaitent une transparence totale et à ceux qui veulent différencier propriété intellectuelle et exécution. Dans ce cas, ils peuvent conserver leurs contrats de gestion d’actifs existants et ne modifier que l’indice qu’ils suivent. Les indices nous permettent de nous associer à une banque d’investissement et de concevoir des produits structurés plus complexes. »

« Par exemple, l’un de nos tout derniers clients a mis notre indice factoriel durable en place par le biais d’un total return swap. Dans ce cas, notre capacité à proposer une stratégie comme indice est essentielle. C’est aussi le cas d’un partenariat avec une société de conseil en gestion d’actifs d’envergure mondiale. Pour des questions de coût et de transparence, elle voulait une solution gérée sous forme d’indice pour les fonds de pension qui sont ses clients. »

J.D.K.: « Inversement, nos stratégies actions quantitatives plaisent, pour l’essentiel, à des investisseurs qui cherchent une solution tout-en-un. Nos deux décennies d’expérience de la gestion de l'investissement quantitatif actions nous donnent une véritable crédibilité dans ce domaine, nous sommes souvent considérés comme chef de file. »

Beaucoup de chemins mènent à une Rome durable, mais ces chemins peuvent changer au fil du temps

Pour finir, les composantes de durabilité de nos indices peuvent évoluer avec le temps ?

G.K. : « Oui. Une chose nous distingue clairement de la plupart des autres fournisseurs d’indices. Chez Robeco, nous aimons dire que nous nous associons à nos clients, et pas juste à nos prospects. Lorsque nous discutons avec un prospect, nous mettons tout en œuvre pour trouver une solution qui réponde au mieux à ses besoins. Et nous continuons de discuter une fois que ce prospect est devenu un client. »

J.D.K. : « Et parce que la durabilité est une notion évolutive et personnelle, le fait de laisser la porte ouverte à des améliorations futures confère selon nous un avantage compétitif aux investisseurs. Beaucoup de chemins mènent à une Rome durable, mais ces chemins peuvent changer au fil du temps. »

Cet article a déjà été publié dans notre magazine Quant Quarterly. 

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