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Les actions émergentes pourraient faire leur retour en 2019

Les actions émergentes pourraient faire leur retour en 2019

10-01-2019 | Perspectives mensuelles

Plusieurs facteurs sont de bon augure pour les actions émergentes cette année, estime le gérant Jeroen Blokland.

  • Jeroen Blokland
    Jeroen
    Blokland
    Portfolio Manager

Points clés

  • La politique de taux américaine et l’accroissement des écarts de croissance soutiennent les valeurs émergentes
  • La baisse des valorisations liée au repli de 2018 pourrait servir de tremplin
  • Parmi les risques figure toutefois la menace d’une récession aux États-Unis ou d’un ralentissement en Chine 

La pause de la Fed dans sa politique de resserrement monétaire, l’écart de croissance grandissant entre les pays émergents et les pays développés, et des actions qui se négocient à de faibles valorisations : tout cela pourrait bénéficier à cette classe d’actifs si maltraitée.

Pour autant, la menace d’une baisse de la croissance américaine – voire d’une tant attendue récession – et les risques pesant sur la croissance chinoise, en raison de la guerre commerciale actuelle, continuent de compromettre une reprise dans les pays émergents, estime Jeroen Blokland, gérant de portefeuille senior chez Robeco Investment Solutions.

Selon lui, 2018 n’a pas été une très bonne année pour les marchés actions en général et pour les marchés émergents en particulier. « Les actions mondiales ont baissé de 4,1 % en euros, tandis que les actions émergentes ont perdu plus de 10 % en euros.

Cependant, compte tenu des évolutions récentes sur les marchés, les pays émergents ont de bonnes chances de générer une solide performance par rapport à ce niveau. Progressivement, les pièces du puzzle se mettent en place. »

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Les valeurs émergentes ont souffert l’année dernière. Source : Bloomberg

La Fed en première ligne

Le premier élément favorable aux actions émergentes est l’évolution de la politique monétaire de la Fed. « Contrairement aux messages envoyés voilà seulement quelques mois, la fin du resserrement aux États-Unis (du moins une pause) est désormais envisageable », analyse Jeroen Blokland. Après une période de trois ans durant laquelle la Fed a procédé à neuf relèvements de taux, son président Jerome Powell a changé de ton dans ses récents discours et signalé une politique plus neutre.

Les conditions de marché actuelles n’étant pas particulièrement favorables, il est probable que la Fed marque une pause dans ses relèvements. Cela signifie que l’écart entre les taux d’intérêt aux États-Unis et dans la zone euro (par exemple) ne va pas se creuser.

Cela signifie aussi que le dollar américain (qui est déjà survalorisé) ne va pas nécessairement se renforcer, puisque l’attrait d’une devise dépend essentiellement des écarts de taux entre deux régions. C’est une évolution importante pour les marchés émergents, car un renforcement du dollar fort coïncide souvent avec des performances médiocres pour ces derniers.

Attention aux écarts

À cela s’ajoute l’écart de croissance du PIB entre les pays émergents et les pays développés, qui se creuse cette année pour première fois depuis 2016. « Historiquement, l’écart de croissance entre les marchés émergents et les marchés développés est l’un des principaux moteurs de performance des actions émergentes par rapport aux actions des marchés développés », affirme Jeroen Blokland.

Selon les dernières prévisions du FMI (voir graphique ci-dessous), la croissance dans les années à venir devrait quelque peu s’accélérer dans les pays émergents et ralentir dans les pays développés. L’écart sera faible dans un premier temps, mais il devrait dépasser les 3 % en 2020, son niveau le plus élevé depuis 2013. 

Taux de croissance : plus l’écart est important, mieux c’est pour les actions émergentes. Source : Bloomberg, FMI

Guerre commerciale

Qu’en est-il des effets de la guerre commerciale actuelle entre la Chine et les États-Unis ? « Les marchés émergents sont particulièrement vulnérables à un ralentissement des échanges mondiaux », admet Jeroen Blokland. Il ajoute que c’est probablement la raison du découplage entre les actions émergentes et les actions mondiales depuis le mois de juin, parallèlement à la montée des tensions commerciales, bien que l’effet de la crise des devises en Argentine et en Turquie doive également être pris en compte.

Ces derniers mois cependant, les deux camps semblent s’être recentrés sur l’apaisement des tensions, et une trêve provisoire a été déclarée : la Chine a réduit les droits de douane sur certaines importations américaines et le président Donald Trump s’est montré disposé à parvenir à un accord.

« Cela ne signifie pas nécessairement que le problème est définitivement réglé mais l’effet marginal sur le commerce et la croissance du PIB va diminuer. Lorsque cela se concrétisera, nous pensons que les valeurs émergentes feront partie des principales bénéficiaires. »

La valorisation, élément moteur

Enfin, la valorisation pourrait être un élément décisif. Jeroen Blokland remarque que le ratio cours/bénéfice moyen des actions émergentes a chuté de 30 %, après le repli de l’année dernière. Résultat, la valorisation des actions émergentes se situe désormais bien en deçà de sa moyenne à long terme.

Et même si la valorisation des actions développées évolue de manière similaire à celles des actions émergentes, en particulier en dehors des États-Unis, ces dernières restent relativement bon marché. « Certes, cela ne suffit en général pas à déclencher une inversion de marché, mais nous pensons que le niveau actuel de valorisation pourrait devenir un important facteur de soutien lorsque la situation commencera à changer. »

Les risques de récession demeurent

Alors, quels sont les risques ? « Si les États-Unis entrent vraiment en récession cette année (ce que nous ne prévoyons pas pour le moment), les actions émergentes devraient encore chuter avant d’atteindre un point bas », prévient Jereon Blokland. Dans ce cas, les résultats d’entreprises baisseront probablement, annulant l’effet de soutien que pourrait constituer la valorisation.

Ce même scénario se produira si la croissance du PIB chinois ralentit encore, ce qui signifierait que les mesures de relance actuelles sont insuffisantes pour soutenir la croissance. Pour de nombreux pays émergents, et pas seulement asiatiques, les échanges commerciaux avec la Chine sont plus importants qu’avec les États-Unis.

La Fed constitue également un risque si le marché de l’emploi aux États-Unis et la croissance des salaires l’obligent à poursuivre ses relèvements de taux, exerçant de nouvelles pressions à la hausse sur le billet vert. « Cependant, les dernières évolutions nous laissent penser que la probabilité que ces risques se concrétisent a baissé et non augmenté récemment. »

Une pause dans le cycle de hausse des taux de la Fed et/ou tout progrès dans la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis confirmerait cette observation et ouvrirait la voie à une reprise solide des actions émergentes.

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