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Marchés émergents : faut-il miser sur cette région ?

Marchés émergents : faut-il miser sur cette région ?

26-09-2016 | Vision

Au cours des deux dernières décennies, les marchés émergents ont connu un effondrement, un boom et ensuite une phase plus stable. Rien d'étonnant à ce que les investisseurs se demandent aujourd'hui si cela vaut encore la peine d'investir dans cette région.

  • Peter van der Welle
    Peter
    van der Welle
    Strategist

Points clés

  • La croissance des bénéfices par action des marchés émergents s'élèvera à 4,5 %
  • Une légère hausse des rendements de dividende à environ 3,25 % sur les cinq prochaines années
  • Nous préférons une surpondération prudente des actions émergentes

Les marchés émergents n'ont pas réussi à répondre aux fortes attentes en termes de rendements au cours des dernières années, tandis que la volatilité est restée élevée. Cette faible performance relative a conduit à d'importantes sorties de capitaux, faisant des actions émergentes une classe d'actifs mal aimée, sous-investie et bon marché. Cette période de faible performance touche-t-elle à sa fin, ou aurait-on une bonne raison de cesser purement et simplement d'investir sur les marchés actions émergents ?

La croissance des bénéfices va de nouveau être positive

Que se passera-t-il en termes de productivité dans les pays émergents au cours des cinq prochaines années ? Point positif : la croissance des économies émergentes sera selon nous soutenue par un certain nombre de facteurs. Nous prévoyons que le marché des matières premières entrera dans une nouvelle phase après la débâcle des cours observée ces deux dernières années. Dans notre scénario de base, la demande agrégée mondiale devrait augmenter et les marchés émergents devraient profiter de l'amélioration à l'échelle mondiale des niveaux de négociation actuellement faibles. La consommation intérieure des marchés émergents sera porteuse. Les devises locales sont considérablement sous-valorisées, ce qui devrait selon nous se traduire par des bénéfices plus élevés.

Néanmoins, de sérieux obstacles sont également présents. La Chine et la Corée du Sud arrivent à maturité et entrent dans une phase de baisse des rendements faisant suite aux précédentes réformes économiques et à une accumulation de capitaux. Les exportations de matières premières devraient rester l'un des principaux moteurs de l'activité économique des marchés émergents. Une diminution de la part des matières premières dans la croissance mondiale limitera également la hausse des gains de productivité pour les marchés émergents. Par ailleurs, les économies émergentes restent à la traîne par rapport aux marchés développés en termes d'État de droit, d'efficacité réglementaire, de liberté fiscale et de transparence des marchés.

Pour résumer, même si nous prévoyons bien une stabilisation de la croissance (cyclique) de la productivité, il est peu probable que la croissance renoue avec ses niveaux d'avant la crise financière. Sur le plan de la productivité, ceci devrait donc se traduire par un potentiel de hausse plus limité en termes de bénéfices.

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Les sources cycliques améliorent les perspectives de bénéfices

Un rebond de la productivité aux niveaux précédents étant peu probable, que pouvons-nous attendre des bénéfices d'un point de vue cyclique ? Si nous sommes à cet égard un peu plus optimistes, le cours du pétrole constitue toutefois un obstacle. Les États-Unis produisent actuellement du pétrole de schiste et sont un fournisseur marginal. La Chine opère quant à elle une transition vers une économie plus orientée sur les services. Cela signifie que nous ne prévoyons pas que les exportations de matières premières des marchés émergents soient autant avantagées qu'elles ne l'ont été auparavant.

Ceci dit, les marges ne sont pas particulièrement élevées sur les marchés émergents. Le cycle des profits pourrait encore s'améliorer considérablement à mesure que ces économies commencent à bénéficier d'un renforcement de la compétitivité dû à la forte dépréciation de la plupart des devises locales. Dans l'ensemble, nous prévoyons pour les marchés émergents une croissance des bénéfices par action qui devrait s'élever à 4,5 %.

« Une attitude prudente est de mise sur les marchés émergents »

Réévaluation – l'argument de la valorisation

L'une des principales raisons d'être optimiste pour investir en ce moment sur les marchés émergents est qu'ils sont bon marché. À première vue, l'indice MSCI Emerging Markets montre une décote de 25 % sur une base standard cours/bénéfices (C/B) par rapport à l'indice mondial. Ce constat est un argument de taille en faveur des marchés émergents, de faibles valorisations étant de bon augure pour une surperformance relative par rapport aux marchés développés dans les cinq prochaines années.

Néanmoins, malgré cet optimisme en termes de valorisation, il convient également de se demander quelle est l'origine de la forte décote dont les actions émergentes font actuellement l'objet. Est-elle principalement due au pessimisme excessif des investisseurs, ou est-elle simplement le reflet de risques macroéconomiques sous-jacents ?

De tels risques observés récemment, à l'image de la débâcle du marché des matières premières, de la forte appréciation du dollar et du ralentissement de la croissance chinoise, pourraient tous être des raisons valables justifiant cette importante décote. Nos recherches montrent que le marché a notamment intégré un « facteur Chine » comme étant un risque systématique, ce qui a contribué à générer une décote des valorisations émergentes depuis 2011, moment où la phase d'atterrissage de la Chine est devenue visible.

Le rendement de dividende reste un facteur stable

La composante de performance qui est devenue de plus en plus attractive au cours de la phase d'atterrissage est le rendement de dividende. Celui-ci est de 3,0 % pour l'indice MSCI EM, soit de 20 points de base supérieur au rendement de dividende actuel de l'indice MSCI AC World. Cet écart correspond à la moyenne observée au cours des 20 dernières années. Le rendement de dividende dépend des bénéfices (pour lesquels nous prévoyons un redressement des niveaux actuels), des ratios de distribution et des cours des actions. Les ratios de distribution ne sont pas fixes et sont principalement liés aux dépenses d'investissement des entreprises. Selon nous, ces dépenses sont généralement plus faibles sur les marchés émergents lorsque les marchés des matières premières entrent dans une phase d'exploitation. On assiste alors à une augmentation du ratio de distribution, conjointement à un rendement de bénéfices prévisionnels quelque peu plus élevé. Additionnant ces deux forces, nous prévoyons des rendements de dividende légèrement plus élevés d'environ 3,25 % dans les cinq prochaines années.

Les marchés émergents sont relativement attractifs

Les marchés émergents sont-ils la région sur laquelle miser dans les cinq prochaines années ? Nos analyses suggèrent qu'une attitude prudente est de rigueur. Nous ne prévoyons pas d'expansion des multiples sur cette période et la décote des marchés émergents par rapport aux marchés développés devrait selon nous encore augmenter à mesure que l'incertitude s'installe à l'égard de la Chine. Si nous prévoyons une amélioration de la rentabilité des entreprises vis-à-vis des marchés développés, l'accent étant mis sur la croissance des bénéfices, les rendements seront probablement très volatils. Néanmoins, nous observons également que les perspectives de rendement pour les investisseurs des marchés développés sont plus favorables, une appréciation des devises émergentes étant prévue par rapport à celles des marchés développés. Dans l'ensemble, nous sommes en faveur d'une surpondération prudente des actions émergentes vis-à-vis de leurs homologues des marchés développés.

Prévision de rendements à cinq ans pour les actions émergentes

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