Comme c’est le cas avec l’application d’autres méthodologies axées sur la durabilité chez Robeco, l’analyse et la sélection des obligations ESG requièrent une coopération entre les disciplines et les domaines de spécialisation.
« Nous examinons chaque matin le marché primaire, c’est-à-dire les nouvelles émissions obligataires mises sur le marché. Lorsque le spread obligataire semble intéressant, et s’il s’agit d’une obligation verte, je contacte les analystes des obligations ESG pour leur demander d’effectuer leur analyse », explique Peter Kwaak. Ce n’est que lorsqu’une obligation ESG passe avec succès les cinq étapes du cadre de sélection qu’il peut, en tant que gérant de portefeuille, participer à la nouvelle émission obligataire.
Pour réaliser l’évaluation d’une société émettrice, il faut généralement comprendre sa stratégie de durabilité. « Dans ces cas-là, nous nous adressons généralement au spécialiste de la recherche en investissement durable qui couvre ce secteur, ou à l’analyste de la recherche crédit responsable de cette question, pour nous assurer que l’objectif prévu par l’entité émettrice pour le produit de l’obligation est cohérent avec sa stratégie globale de durabilité », explique Gino Beteta Vejarano.
Il ajoute que le travail ne s’arrête pas là. Les analystes examinent les rapports d’impact ultérieurs pour s’assurer que l’émetteur produit bien l’impact promis dans sa documentation sur l’obligation. « Nous surveillons l’émission après que l’entreprise a établi son rapport d’impact. Et bien entendu, si l’entreprise ne divulgue pas les informations qu’elle s’est engagée à fournir, nous pourrions « faire échouer » l’obligation ESG. »
Mais l’équipe reconnaît l’importance d’une communication constructive avec les émetteurs dans les cas où le reporting et d’autres procédures semblent faire défaut. « Nous avons renforcé notre engagement auprès des entreprises, car nous avons appris que les manquements, notamment en ce qui concerne le reporting sur les obligations ESG, pouvaient simplement être dus à un manque de connaissances et ne constituaient pas nécessairement du greenwashing », souligne Gino Beteta Vejarano.
« Cette approche s’est récemment révélée payante avec une banque de développement, pour laquelle nous avions des inquiétudes concernant les informations divulguées sur l’affectation du produit de l’obligation et son impact. Nous avons eu de nombreuses discussions avec eux, au cours desquelles nous avons découvert que l’information existait déjà, mais qu’ils ne savaient pas comment la communiquer. Dans le rapport d’impact qui a suivi, ils ont communiqué les informations sur la base de nos recommandations. »
En plus d’éclairer sur l’éligibilité des obligations pour des stratégies qui poursuivent des objectifs de durabilité explicites, le cadre de sélection ESG renforce l’analyse crédit traditionnelle en donnant plus d’informations aux détenteurs d’obligations. « Cela nous oblige à réfléchir attentivement non seulement à la question de savoir si l’utilisation du produit est conforme à la stratégie de durabilité de l’entreprise, mais aussi à la stratégie globale de l’entreprise. Tout bien considéré, cela nous permet d’affiner notre recherche crédit fondamentale », conclut Peter Kwaak.
Ceci est un extrait d’une publication plus longue :