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Les solutions quantitatives doivent aller au-delà des facteurs les plus classiques

Les solutions quantitatives doivent aller au-delà des facteurs les plus classiques

24-11-2020 | Interview
Depuis deux ans, les stratégies quantitatives sont sous pression, mais cela ne signifie pas que tout est terminé pour les investisseurs quantitatifs. Comment envisageons-nous l’avenir du quantitatif et sur quels types d’innovations travaillons-nous ? Entretien avec Mark van der Kroft et Pim van Vliet, co-responsables de l’investissement quantitatif chez Robeco.
  • Mark van der Kroft
    Mark
    van der Kroft
    CIO Fundamental and Quant Equity
  • Pim  van Vliet, PhD
    Pim
    van Vliet, PhD
    Lead Portfolio Manager Conservative Equities

La plupart des gérants quantitatifs traversent une période difficile depuis ces dernières années. Cela affecte-il l’engagement de Robeco dans ce domaine ?

Mark van der Kroft : « L’investissement quantitatif est un aspect essentiel de ce nous représentons et de ce que nous faisons chez Robeco. Depuis que notre tout premier directeur a déclaré que toute stratégie d’investissement doit s’appuyer sur la recherche, les études empiriques sont au cœur de notre démarche. Et c’est finalement cette recherche qui sous-tend nos stratégies quantitatives. » 

« Malgré les difficultés actuelles de l’investissement quantitatif, nous sommes convaincus qu’il doit rester l’une de nos principales compétences. Nous avons traversé de nombreux cycles de marché et connu des périodes décevantes par le passé. Notre engagement à accompagner nos clients dans ces périodes n’a pas changé. » 

Pim van Vliet : « N’oublions pas non plus que notre offre quantitative est très large et diversifiée, et qu’elle comprend aussi de nombreuses stratégies obligataires et marchés émergents. Les autres gérants d’actifs quantitatifs sont moins diversifiés et plus centrés sur les marchés actions américains, où le quantitatif est davantage pénalisé en matière de performance. » 

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Au-delà des récentes contre-performances, quelles sont les principales évolutions que vous observez dans la façon dont les clients perçoivent l’investissement quantitatif ?

MvdK : « La principale évolution concerne la durabilité. Les clients recherchent de plus en plus de solutions qui associent une approche quantitative à des objectifs de durabilité précis, en particulier en matière de changement climatique. Et je pense que cela va devenir la norme. L’avenir du quantitatif consistera probablement non seulement à fournir des solutions "pure alpha", mais également à offrir des expositions factorielles et à atteindre les objectifs de durabilité. » 

PvV : « Et c’est une très bonne nouvelle pour nous, qui sommes pionniers de l’investissement quantitatif comme de l’investissement durable. Nous avons également mis au point une méthode de construction de portefeuille quantitatif efficiente et flexible, capable de traduire au mieux les souhaits et préférences des clients en matière de durabilité dans les portefeuilles. » 

Oui, parce que l’intégration de la durabilité est étroitement liée aux techniques quantitatives, n’est-ce pas ?

PvV : « En effet. Imaginez par exemple que vous voulez contribuer à un objectif de développement durable (ODD) donné, ou à la réduction de l’empreinte carbone de vos portefeuilles, sans pour autant trop vous écarter de l’indice de marché. Notre approche vous aide à trouver les titres qui permettront d’atteindre vos objectifs d’investissement durable, tout en évitant d’obtenir des portefeuilles trop asymétriques et une tracking error potentiellement élevée. »

 Plus le volume de données augmente, plus nous devons trouver de nouvelles manières d’en tirer parti 

Entrevoyez-vous d’autres évolutions dans les années à venir ?

MvdK : « Une autre évolution notable est que les solutions quantitatives doivent de plus en plus aller au-delà des facteurs les plus classiques, comme ceux proposés par Fama et French, pour la simple raison que les données disponibles sont toujours plus nombreuses. On peut donc envisager un nombre incalculable de facteurs possibles basés sur d’autres données. 

D’ailleurs, nos définitions des facteurs diffèrent déjà grandement des définitions académiques standards. Depuis plus de vingt ans, nous utilisons nos propres approches de pointe, lesquelles associent des ensembles de variables complémentaires tout en évitant les pièges habituels des définitions factorielles trop simples. Mais plus le volume de données augmente, plus nous devons trouver de nouvelles manières d’en tirer parti. 

Dès lors, toute la difficulté consiste à déterminer quel type de données nous devons examiner et ce que nous devons rechercher, ce qui me semble parfois aussi compliqué que de chercher une aiguille dans une botte de foin. En outre, il est très probable que ces facteurs non conventionnels soient de plus courte durée. Mais nous sommes convaincus que tout cela finira par doper la performance à long terme. » 

Vous faites allusion ici aux modèles de trading à court terme que nous utilisons en plus de nos principaux modèles de sélection de valeurs pour améliorer la performance de certaines stratégies actions quantitatives, n’est-ce pas ?

PvV : « Oui, il s’agit de bons exemples. En ce qui concerne les actions, les premiers facteurs ont été la taille et la valorisation (proposés par French). Mais Robeco a rapidement utilisé un nouveau facteur : la faible volatilité. Et celle-ci est désormais largement acceptée par les investisseurs. Par la suite, nous avons également été parmi les premiers à adopter le momentum, et pour tout dire, nous utilisons le momentum des révisions des analystes depuis plus de dix ans. 

Ces dernières années, de nombreuses innovations ont concerné les signaux à plus court terme, grâce à une utilisation plus fréquente d’autres sources de données et de techniques innovantes telles que le machine learning. Une fois encore, Robeco est à la pointe dans ce domaine, puisque nous investissons des ressources considérables pour trouver de nouveaux moteurs de performance capables d’améliorer nos modèles existants. » 

Pouvez-vous citer des projets de recherche précis à ce sujet ?

PvV : « Nous avons récemment mis en place un signal de momentum de facteur à court terme : nous utilisons les tendances à court terme dans les styles d’investissement actions, non pas pour générer une performance factorielle immédiate – difficile à atteindre, on le sait –, mais pour améliorer le timing des opérations et, par conséquent, accroître les performances à long terme. De plus, nous cherchons à appliquer le machine learning pour prédire le risque de détresse, ce qui serait utile pour nos stratégies crédits et actions à faible risque. Nous n’en sommes qu’aux débuts mais c’est déjà prometteur. »

MvdK : « J’insiste sur le fait que même si nous investissons des ressources considérables dans l’innovation, notre philosophie (prendre des décisions basées sur les faits, prudentes et justifiées d’un point de vue économique) continue de s’appliquer, y compris en matière de machine learning ou de données alternatives. »

 Nous ne pensons pas que les comportements humains, qui sont à l’origine de la plupart des anomalies exploitées par nos stratégies quantitatives, aient changé

Le Covid-19 a déclenché un choc sans précédent sur les marchés financiers. Pensez-vous que cela va changer la donne pour les investisseurs quantitatifs ?

MvdK : « Le monde peut sembler très différent aujourd’hui, mais je ne pense pas qu’il ait tant changé que cela pour les investisseurs quantitatifs. Nous ne pensons pas que les comportements humains, qui sont à l’origine de la plupart des anomalies exploitées par nos stratégies quantitatives, aient changé. Par conséquent, s’il nous faut innover à l’aide de nouvelles sources de données ou d’outils plus puissants, cela ne signifie pas que les principes de base qui sous-tendent nos activités ne sont plus les mêmes. »

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