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Emergence d'un clivage Nord-Sud dans le Classement de durabilité des pays

Emergence d'un clivage Nord-Sud dans le Classement de durabilité des pays

20-01-2021 | Prévisions annuelles
Un net écart entre les pays d'Europe du Nord et d'Europe du Sud est apparu dans le Classement semestriel de la durabilité des pays (CSR - Country Sustainability Ranking) de Robeco.
  • Max Schieler
    Max
    Schieler
    Senior Country Risk Specialist at RobecoSAM

Points clés

  • Les pays nordiques et les nations d'Europe du Nord sont encore une fois les plus durables
  • L'Europe du Sud descend encore dans le classement et l'Afrique occupe les 5 dernières places
  • Des paradoxes sont observés au Royaume-Uni et en Norvège, tandis que les États-Unis quittent le Top 20

Les pays nordiques sont encore une fois en tête du classement semestriel CSR, la Suède conservant sa première place, tandis que les Balkans figurent aux rangs des pays « médiocres ». En ce qui concerne les pays du Nord, l'exception est le Royaume-Uni, dont le score de durabilité est en chute à cause du Brexit. S'agissant du Sud, l'exception est la Grèce, qui remonte dans le classement suite à des années de réformes.

Il existe également un clivage Nord-Sud marqué par la mer Méditerranée, les démocraties occidentales d'Europe dominant la moitié supérieure du CSR, tandis que les « suspects habituels » d'Afrique restent aux derniers rangs. Les cinq premières places sont occupées par la Suède, la Finlande, la Norvège, le Danemark et l'Islande. Le Tchad, la Libye, le Soudan, la République centrafricaine et le Yémen occupent les cinq dernières places.

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Les gagnants et les perdants – les 5 premières places et les 5 dernières places. Source : RobecoSAM CSR, janvier 2021.

Deux fois par ans, le CSR évalue les références environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) de 150 pays – 23 dans les marchés développés et le reste dans les marchés émergents. Sur les pays développés, 20 ont des scores ESG dans les catégories supérieures, la Grèce, l'Italie et l'Espagne figurant dans la section intermédiaire. En dehors de l'Europe, la Nouvelle-Zélande, l'Australie et le Canada complètent la liste des meilleurs éléments, tandis que les États-Unis sont sortis du Top 20 au cours des six derniers mois de la présidence de Donald Trump.

Comme on pouvait s'y attendre, la réponse au Covid-19 a encore une fois joué un rôle déterminant dans l'évaluation du degré de durabilité des pays, principalement en prenant en compte la solidité de leurs systèmes de santé, filets de protection sociale et gouvernance générale. 

« Le paysage ESG en Europe présente un net clivage Nord-Sud, avec les économies du Nord et de l'Europe centrale en tête du classement, tandis que les pays périphériques de l'Europe du Sud, qui ont des scores de durabilité médiocres, sont groupés au milieu », explique Max Schieler, Senior SI Country Analyst et auteur du rapport.

La carte révèle en outre une disparité entre les parties occidentale et orientale du continent, les pays d'Europe de l'Est étant pour la plupart regroupés dans les catégories ESG moyennes. En bas du classement se trouvent les plus mauvais élèves de l'Europe, principalement les pays des Balkans.

L'odyssée grecque

Plusieurs nations européennes se distinguent dans le rapport, à la fois pour de bonnes et de mauvaises raisons. Grâce à un programme de réforme massif qui a suivi les plans de sauvetage de l'UE depuis 2011, la Grèce est devenue le pays dont la croissance est la plus rapide sur un horizon d'un an et de cinq ans. Au cours des cinq dernières années, le score de durabilité du pays a grimpé de cinq places pour arriver en 44e position.

Max Schieler explique que la Grèce a entrepris de vastes réformes au lendemain de la crise financière de 2009 et ces efforts lui ont permis de progresser sur différents indicateurs de gouvernance, notamment le risque politique et la stabilité. « Dans le domaine social, les réformes des retraites, dont le relèvement de l'âge du départ à la retraite à 67 ans, ont contribué de manière significative à l'amélioration des scores. »

Les pays où les scores de durabilité s'améliorent le plus et ceux où ils se détériorent le plus rapidement. Source : Classement de la durabilité des pays de Robeco, janvier 2021.

La Norvège n'est pas irréprochable

La Norvège montre une contradiction que l'on retrouve souvent dans le domaine de la durabilité : tout n'est pas parfait, et il faut faire la part des choses. « Les scores et les rangs ne signifient pas que les leaders en matière d'ESG sont exempts de défauts : la Norvège est durable, mais pas irréprochable», indique Max Schieler.

La Norvège arrive en 3e position, mais même un pays très performant n'obtient pas un score parfait pour toutes les mesures ESG et peut être confronté à des évolutions contradictoires dans certains éléments de l'ensemble des critères ESG. La décision de la Norvège d'étendre le forage dans l'Arctique est très discutable et va à l'encontre de ses engagements à réduire les émissions de CO2.

Le paradoxe du Royaume-Uni

Le Royaume-Uni s'est également révélé être une épée à double tranchant, le Brexit le reléguant à une place inférieure dans le classement, tandis que son engagement en faveur du climat constitue un élément positif majeur. « Depuis le vote de sortie de l'UE en juin 2016, le profil de durabilité du Royaume-Uni a connu un déclin progressif et régulier », explique Max Schieler. Cette détérioration s'est produite en grande partie au niveau de la gouvernance et est liée à l'âpre conflit du Brexit qui fait rage sein du Royaume-Uni ainsi qu'à l'extérieur avec l'UE.

Néanmoins, s la transition climatique est un élément positif. Depuis l'an 2000, le Royaume-Uni a réduit ses émissions de carbone de 31,5 % tout en augmentant son PIB de 46,6 %, et cette réduction se traduit par un score élevé pour les critères de performance environnementale. L'engagement du gouvernement à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 68 % par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2030 rend le plan du Royaume-Uni encore plus ambitieux que les plans actuels de l'UE, et mettra le pays sur une bonne voie pour atteindre un objectif de zéro émission nette d'ici 2050.

Une fragilité due à la Chine

Parmi les pays de l'univers d'investissement, Hong Kong est celui qui enregistre le plus fort déclin sur l'année écoulée et les cinq dernières années, ceci en raison de la main de fer de la Chine sur le territoire. L'imposition d'une nouvelle loi sur la sécurité en juillet 2020 a fait chuter Hong Kong de la 18e à la 25e place dans le classement, et cela a également eu pour effet que sa notation de crédit soit abaissée par les principales agences. 

« Étant donné que le territoire se rapproche de plus en plus de l'intégration institutionnelle avec la Chine continentale et que les frictions sociopolitiques profondément enracinées s'intensifient, le profil ESG de Hong Kong ne devrait pas se rétablir pour le moment », explique Max Schieler.

Dans d'autres parties de l'Asie, la Corée du Sud et Taïwan montrent de nettes améliorations en matière de lutte contre la corruption et de mesures environnementales. L'Indonésie dont les scores ESG avaient progressé sur cinq ans enregistre toutefois un repli sur l'année passée en raison de tensions internes croissantes entre les factions islamiques et d'autres groupes sociopolitiques. Singapour est le pays le plus performant de la région et arrive en 15e position.

Toujours dans le déni

Les États-Unis continuent de descendre dans le classement, passant d'un niveau supérieur à la moyenne du G7 en 2016 à un niveau nettement inférieur. « Le déni du réchauffement climatique par le président Donald Trump, la promotion de l'exploitation sans restriction des ressources naturelles et le démantèlement de la réglementation environnementale ont entravé les progrès », explique Max Schieler. 

Dans le domaine social, l'échec de la réponse de Donald Trump au Covid-19 apparaît comme son plus grand faux pas. Elle est également symptomatique de l'absence de tout effort raisonnable en matière de politique socio-économique pour remédier à certaines des carences sociales les plus évidentes, notamment les disparités de revenus prononcées, les inégalités éducatives accrues et un système de santé inadéquat.

Le Covid-19 est toujours là

Entre-temps, la pandémie de Covid-19 continue de dominer le paysage de l'investissement. « Le monde reste pris en otage par le Covid-19, une grande partie de l'Europe, de l'Amérique du Nord et de l'Amérique latine est au cœur d'une deuxième vague de hausses des cas qui risque fort de se prolonger pendant tout l'hiver », explique Max Schieler.

En dépit des nouvelles positives concernant les essais de vaccins et le début des campagnes de vaccination à l'échelle mondiale, le Covid-19 continuera de sévir dans le monde et de conditionner le paysage ESG mondial dans un avenir proche. La pandémie, et les chocs sociaux et économiques qui en découlent, nous rappellent avec force l'importance cruciale des critères E, S et G (agissant séparément et ensemble) pour influencer et prévoir les risques futurs.

Classement de durabilité des pays
Lisez l'intégralité du rapport ici
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